Les données de cet article sur le paiement direct sous-traitant marché public sont modifiées pour anonymisation.

Contexte pratique

Notre cabinet est intervenu pour un sous-traitant dans le cadre d’une opération de construction de logements sociaux conduite par une SA d’HLM, agissant en qualité de maître d’ouvrage. Le sous-traitant avait été dûment déclaré via un acte spécial, les conditions de paiement avaient été validées, et des devis avaient été acceptés. Pourtant, le paiement n’a jamais été versé, le maître d’ouvrage ayant versé les fonds à l’entrepreneur principal, placé depuis en liquidation judiciaire. L’importance du paiement direct pour le sous-traitant dans un marché public comme celui-ci est devenue évidente.

Nous avons mis en œuvre la procédure de paiement direct en application de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975, en articulant une demande de condamnation du maître d’ouvrage.

Problématique juridique rencontrée

Le paiement direct du sous-traitant repose sur une double condition :

Dans notre affaire, ces conditions étaient remplies :

Cependant, la version signée par le maître d’ouvrage n’avait pas été retournée. Il fallait donc démontrer que son acceptation était intervenue tacitement, par application combinée de l’article 6 de la loi du 31 décembre 1975 et de l’article R.2193-4 du code de la commande publique. Cela illustre l’enjeu du paiement direct du sous-traitant dans les marchés publics.

Notre stratégie et fondement juridique

Nous avons développé une double ligne d’argumentation :

  1. Qualification du marché comme marché public de droit privé
    La SA d’HLM, bien qu’soumise au code de la commande publique, est une personne morale de droit privé. Le contrat étant conclu pour son propre compte, le marché relève du droit privé. Nous avons écarté d’office la compétence du juge administratif, par application de la jurisprudence TC, 14 décembre 2009, n° C3716.
  2. Mise en œuvre du paiement direct
    Nous avons rappelé que :

L’article R.2193-14 du code de la commande publique interdit au maître d’ouvrage de verser les sommes dues à un sous-traitant entre les mains de l’entrepreneur principal. En versant les montants à un titulaire en difficulté, le maître d’ouvrage engage sa responsabilité.

Enseignements pour des cas similaires

Plusieurs précautions doivent être prises pour sécuriser le droit au paiement direct :

Notre cabinet a obtenu que le tribunal statue au fond sur la base du paiement direct, sans basculer vers l’action directe ni exiger de mise en demeure supplémentaire. Le paiement direct est donc crucial pour sécuriser les droits dans toute sous-traitance intervenant dans un marché public.

Conclusion

Le paiement direct d’un sous-traitant dans un marché public de droit privé demeure un levier juridique efficace, dès lors que les conditions de l’article 6 de la loi du 31 décembre 1975 sont remplies. L’acceptation tacite et l’inéxécution fautive du maître d’ouvrage peuvent suffire à justifier une condamnation, même en l’absence de DC4 signé. Encore faut-il que le sous-traitant agisse rapidement et conserve la maîtrise de ses preuves.

À retenir

⚖️ Cet article propose une analyse juridique générale. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation particulière.

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