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	<title>Actu Béton</title>
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	<description>Actualités et analyses juridiques en droit de la construction, de l’immobilier et de l’urbanisme</description>
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	<title>Actu Béton</title>
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	<item>
		<title>Bail civil « résidence secondaire » : à quelles conditions le montage résiste-t-il à la requalification ?</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/30/bail-civil-residence-secondaire-requalification/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 14:05:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IMMO]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence Cour de cassation, 3e chambre civile, 6 juillet 2022, n° 21-18.450 (publié au bulletin) — rapproché de la jurisprudence récente des juridictions parisiennes sur la requalification (CA Paris, pôle 4 ch. 4, 26 novembre 2024, n° 23/09439 ; TJ Paris, 25 avril 2025, n° 24/05295). Vous détenez un appartement à Paris — ou à [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1078" class="elementor elementor-1078" data-elementor-post-type="post">
						<section class="elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-cccee1a elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default" data-id="cccee1a" data-element_type="section" data-e-type="section">
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<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000046036430" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Cour de cassation, 3<sup>e</sup> chambre civile, 6 juillet 2022, n° 21-18.450 (publié au bulletin)</a> — rapproché de la jurisprudence récente des juridictions parisiennes sur la requalification (CA Paris, pôle 4 ch. 4, 26 novembre 2024, n° 23/09439 ; TJ Paris, 25 avril 2025, n° 24/05295).</div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous détenez un appartement à Paris — ou à Lille — et, pour échapper à l'encadrement des loyers et au régime protecteur de la location, vous l'avez loué sous un <strong style="color:#0c0b09">bail civil dit « résidence secondaire »</strong>. La question qui décide de la rentabilité de l'opération est simple : ce montage tient-il devant le juge, ou risque-t-il la <strong style="color:#0c0b09">requalification d'un bail civil résidence secondaire en bail d'habitation</strong>, avec retour de l'encadrement et remboursement du trop-perçu ?</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La réponse n'est ni « toujours », ni « jamais ». Elle se joue sur des critères précis, que la jurisprudence récente a clarifiés. Voici ce que vérifie le juge, et ce qui fait basculer le dossier dans un sens ou dans l'autre.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Pourquoi le bail civil échappe (en principe) à l'encadrement</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La loi du 6 juillet 1989 — celle qui porte l'encadrement des loyers, l'interdiction de louer les passoires thermiques (logements classés G interdits depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2025) et tout le régime protecteur du locataire (durée minimale, congé motivé, dépôt de garantie plafonné) — ne s'applique qu'au logement loué à titre de <strong style="color:#0c0b09">résidence principale</strong>. Son article 2 définit celle-ci comme le logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou force majeure.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le <strong style="color:#0c0b09">bail civil</strong> (articles 1708 et suivants du Code civil) se place délibérément hors de ce champ : en qualifiant le bien de résidence secondaire, il rend en principe inapplicables l'encadrement et les contraintes attachées. D'où son attrait. Mais la loi de 1989 est <strong style="color:#0c0b09">d'ordre public</strong> : une simple étiquette contractuelle ne suffit pas à l'écarter si la réalité est celle d'une résidence principale.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels de l'immobilier</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Le bail civil ne tient que pour une vraie résidence secondaire. Si le locataire en fait son logement principal, la loi protectrice peut revenir — avec l'encadrement et le remboursement à la clé.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que vérifie le juge : la commune intention au jour de la signature</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le juge n'est pas tenu par l'intitulé du contrat : l'article 12 du Code de procédure civile lui impose de restituer aux faits leur exacte qualification. Il recherche la <strong style="color:#0c0b09">commune intention des parties</strong> (article 1188 du Code civil) et se place <strong style="color:#0c0b09">au jour de la signature</strong>. C'est le point contre-intuitif et décisif : l'occupation du bien comme résidence principale <em>après</em> la signature, même au-delà de huit mois, ne suffit pas à elle seule. Elle ne pèse que si elle révèle une intention déjà présente à la conclusion, ou si elle était connue et acceptée du bailleur.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour reconstituer cette intention, le juge raisonne par <strong style="color:#0c0b09">faisceau d'indices</strong> : clarté ou ambiguïté de la clause de destination ; connaissance par le bailleur du caractère principal de l'occupation (annonce de location, échanges précontractuels, adresse fiscale du locataire pointant le logement dès l'année de signature) ; profil du locataire ; existence d'un autre logement. Règle de rédaction lourde de conséquences : l'<strong style="color:#0c0b09">ambiguïté se retourne contre celui qui a rédigé le contrat</strong> (article 1190 du Code civil).</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Ce qui compte, c'est ce que vous avez écrit et ce que vous saviez au moment de signer. Une occupation que vous ignoriez ne suffit pas à faire requalifier le bail.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Comment la jurisprudence tranche</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le socle est l'<strong style="color:#0c0b09">ordre public</strong>. La loi de 1989 s'impose dès lors que le logement est loué à usage de résidence principale, quelle que soit l'étiquette retenue par les parties. La Cour de cassation l'a jugé à propos d'une convention dérogeant à la loi de 1989 : sa validité suppose des circonstances particulières indépendantes de la volonté des parties, qu'il appartient au juge de vérifier.</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« Il résulte de [l'article 2 de la loi du 6 juillet 1989], d'ordre public, que, dès le déclassement d'un bien du domaine public, sa location à usage d'habitation à titre de résidence principale, est soumise aux dispositions du titre 1<sup>er</sup> de cette loi. » <span style="font-style:normal;color:#9e9488">— Cass. 3<sup>e</sup> civ., 6 juillet 2022, n° 21-18.450 (publié).</span></blockquote>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour autant, le juge n'écarte pas l'étiquette à la légère : il recherche la <strong style="color:#0c0b09">destination que les parties ont entendu donner</strong> au contrat (articles 1193 et 1194 du Code civil), appréciée au jour de la conclusion. C'est ce qui rend la requalification difficile à obtenir lorsque le bail est clair.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La ligne parisienne récente l'illustre, plutôt <strong style="color:#0c0b09">favorable au bailleur</strong>. Dans une affaire où le bail et son renouvellement qualifiaient expressément le logement de résidence secondaire — le locataire s'y étant lui-même domicilié à l'étranger —, la cour d'appel de Paris a refusé la requalification : l'intéressé ne la réclamait qu'une fois le bail arrivé à son terme, ses preuves d'occupation principale (avis d'imposition, courriels) avaient été produites tardivement, et le fait qu'il ait occupé les lieux comme résidence principale « de leur propre chef et à l'insu de la bailleresse » ne pouvait entraîner une modification unilatérale de la qualification contractuelle (CA Paris, pôle 4 ch. 4, 26 novembre 2024, n° 23/09439).</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Meublé et courte durée : deux pièges voisins</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le <strong style="color:#0c0b09">meublé</strong> est le terrain le plus fragile. Si le logement constitue en réalité la résidence principale du locataire, les dispositions de la loi de 1989 — d'ordre public — s'appliquent ; et si le mobilier ne répond pas au minimum légal (décret du 31 juillet 2015), le bail « meublé » est requalifié en location vide soumise au titre I<sup>er</sup> de la loi de 1989, ce qui réactive l'encadrement et ouvre droit au remboursement du trop-perçu. Un tribunal parisien l'a jugé en avril 2025 : faute d'inventaire et de mobilier suffisant — pas même une couette ni de vaisselle —, un bail meublé excluant la loi de 1989 a été requalifié, le loyer ramené au plafond de référence et le trop-perçu restitué (TJ Paris, 25 avril 2025, n° 24/05295).</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Autre terrain, distinct mais voisin : le bail civil de <strong style="color:#0c0b09">courte durée</strong> répétée, en alternative aux plateformes touristiques. Il n'est pas sanctionné sur le fondement de la loi de 1989 mais de l'urbanisme. Louer un meublé de façon répétée, pour de courtes durées, à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile constitue un <strong style="color:#0c0b09">changement d'usage</strong> soumis à autorisation préalable (article L. 631-7 du CCH). L'amende civile a été portée à <strong style="color:#0c0b09">100 000 € par logement</strong> par la loi du 19 novembre 2024.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">En pratique — Hauts-de-France</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">L'encadrement des loyers ne concerne pas que Paris : il s'applique aussi à Lille, Hellemmes et Lomme. La même grille de requalification y joue à l'identique.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Sécuriser l'opération</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour le bailleur, la sécurité ne se gagne pas après coup : elle se construit avant la signature.</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Réserver le bail civil aux véritables résidences secondaires : pied-à-terre, occupation occasionnelle, locataire disposant par ailleurs d'une résidence principale identifiée.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Rédiger une clause de destination claire et unique : ni option, ni double hypothèse laissée au choix du locataire.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Conserver la trace des éléments établissant que le locataire a un autre logement principal.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Surveiller les signaux contraires (adresse fiscale, domiciliation, durée d'occupation) susceptibles de révéler une résidence principale.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Côté acquéreur d'un immeuble loué, l'audit des baux civils en place est un point de vigilance : un bail fragile, c'est un risque de requalification — donc de loyer plafonné et de remboursement — qui se transmet avec le bien. Sur ce type d'arbitrage comme sur la rédaction des baux, le cabinet DELCADE accompagne bailleurs et investisseurs dans la sécurisation de leurs opérations. La requalification d'un bail civil résidence secondaire n'a rien d'automatique : elle se prépare, ou se prévient, dès la première ligne du contrat.</p>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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</div>

</div>
				</div>
				</div>
					</div>
		</div>
					</div>
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				</div>
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			</item>
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		<title>Marché public de travaux : sans journal de chantier à jour, votre réclamation est irrecevable — même justifiée</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/28/marche-public-de-travaux-sans-journal-de-chantier-a-jour-votre-reclamation-est-irrecevable-meme-justifiee/</link>
					<comments>https://actu-beton.fr/2026/05/28/marche-public-de-travaux-sans-journal-de-chantier-a-jour-votre-reclamation-est-irrecevable-meme-justifiee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 19:46:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence CAA de Marseille, 6ème chambre, 2 décembre 2025, n° 24MA00644 Vous avez subi des retards, exécuté des travaux non prévus, encaissé les fautes de la maîtrise d&#8217;œuvre. Vous l&#8217;avez dit en réunion de chantier, vous l&#8217;avez écrit par mail. Puis vous présentez votre réclamation en fin de marché… et tout est jugé irrecevable. Pas [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1063" class="elementor elementor-1063" data-elementor-post-type="post">
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  <div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
    <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000052989580?fonds=ALL&init=true&page=1&query=24MA00644&searchField=ALL" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">CAA de Marseille, 6ème chambre, 2 décembre 2025, n° 24MA00644</a></div>
  </div>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous avez subi des retards, exécuté des travaux non prévus, encaissé les fautes de la maîtrise d'œuvre. Vous l'avez dit en réunion de chantier, vous l'avez écrit par mail. Puis vous présentez votre réclamation en fin de marché… et tout est jugé <strong style="color:#0c0b09">irrecevable</strong>. Pas réduit : irrecevable. Pour une raison purement formelle : vous n'avez pas tenu, mois après mois, le <strong style="color:#0c0b09">journal de chantier</strong> exigé par le CCAP. C'est exactement ce qui vient d'arriver à une entreprise sur un marché public de travaux, pour près de 3 millions d'euros de demandes.</p>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le contexte de l'affaire</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une université confie à une entreprise le lot principal — gros œuvre, étanchéité, VRD — d'une résidence d'hébergement. Le chantier dérape : la réception, prévue fin 2015, n'intervient qu'en juin 2018, avec réserves, après plus de 600 jours de retard cumulés. L'entreprise transmet son décompte final en réclamant un solde de 80 220 € TTC et une rémunération complémentaire de près de 3,4 M€ TTC (travaux supplémentaires et préjudices). Le maître d'ouvrage rejette le décompte et notifie en retour des pénalités de retard d'un montant exactement équivalent au solde. L'entreprise saisit le juge administratif. Elle perd en première instance, puis en appel.</p>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La question juridique</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une clause du CCAP — le cahier des clauses administratives <strong style="color:#0c0b09">particulières</strong>, propre à ce marché — imposait à l'entreprise de tenir un journal <strong style="color:#0c0b09">mensuel</strong> de chantier consignant, poste de travail par poste de travail, tous les incidents, les travaux non prévus et tout événement susceptible de donner lieu à réclamation. La question était simple : le fait de ne pas avoir tenu ce journal suffit-il, à lui seul, à fermer la porte à toute réclamation indemnitaire — même si les difficultés sont par ailleurs réelles et ont été signalées autrement ?</p>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que juge la cour, et pourquoi</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La réponse de la cour est affirmative, sans nuance. L'entreprise avançait plusieurs arguments, mais aucun n'était réellement de nature à surprendre : le raisonnement de la cour était assez prévisible. Premier d'entre eux : cette clause du journal de chantier dérogerait au CCAG Travaux (le cahier <strong style="color:#0c0b09">général</strong>), et comme elle ne figure pas dans la liste des dérogations au CCAG, elle ne lui serait pas opposable. C'est une mécanique classique des marchés publics : pour déroger au CCAG, il faut le dire expressément dans un article récapitulatif. La cour écarte l'argument en posant une distinction nette.</p>

  <blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« Ces stipulations ne constituent pas une dérogation à l'article 50 du CCAG Travaux précité mais une condition supplémentaire de recevabilité de certaines réclamations formées par le titulaire du marché. »</blockquote>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Autrement dit : ajouter une exigence n'est pas déroger. Le CCAP ne contredit pas le CCAG, il en <strong style="color:#0c0b09">durcit la mise en œuvre</strong>. Il n'avait donc pas à figurer dans la liste des dérogations pour produire pleinement effet. On retiendra surtout ce point, souvent débattu en pratique : un CCAP peut imposer des conditions de forme strictes, et le silence de la liste des dérogations ne les neutralise pas pour autant.</p>

  <div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels du BTP</div>
    <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Sur un marché public, lisez le CCAP avant le CCAG. Si une clause impose un journal de chantier mensuel, elle conditionne la recevabilité de vos réclamations — ce n'est pas une simple formalité administrative.</div>
  </div>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'entreprise tentait ensuite de contourner l'obstacle : elle avait, disait-elle, alerté la maîtrise d'œuvre par de nombreux comptes rendus de chantier et des courriels. Insuffisant. La cour confirme que ces échanges ne remplacent pas le journal mensuel : le contrat exigeait un support précis, transmis dans un délai précis, et rien d'autre n'en tient lieu. Le CCAP allait jusqu'à prévoir le sort des difficultés non consignées.</p>

  <blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« Toute difficulté […] n'ayant pas été explicitement formulée dans le(les) journal(naux) de chantier s'y rapportant sera réputée nulle et non avenue et ne pourra donc pas faire l'objet d'une réclamation de fin de chantier. »</blockquote>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La cour écarte enfin les dernières défenses de l'entreprise, et chacune mérite d'être relevée car ce sont les excuses que tout le monde se donne sur un chantier :</p>

  <ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><em>« Je ne pouvais pas chiffrer l'incident sur le moment »</em> : sans incidence, l'obligation de consigner ne dépend pas de la connaissance du coût final.</li>
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><em>« La notion de poste de travail n'était pas définie »</em> : inopérant, d'autant que l'entreprise n'avait jamais signalé cette incompréhension à la maîtrise d'œuvre.</li>
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><em>« La difficulté s'étalait sur plusieurs mois »</em> : il fallait alors la consigner chaque mois, fût-ce de façon répétitive.</li>
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><em>Le principe de loyauté contractuelle</em>, invoqué contre le maître d'ouvrage, ne joue pas : appliquer une clause librement négociée n'est pas déloyal.</li>
  </ul>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">L'issue</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Résultat sec : l'ensemble des demandes indemnitaires — préjudices liés aux fautes alléguées, travaux supplémentaires, frais de gardiennage — est jugé irrecevable, sans même que le juge examine si ces demandes étaient fondées. Les pénalités de retard sont, elles, validées : sur 668 jours de retard, le maître d'ouvrage n'en avait imputé que 42 à l'entreprise, pour faire correspondre la pénalité au solde — un calibrage que la cour juge tout sauf disproportionné. L'entreprise repart sans rien et doit même 2 500 € de frais.</p>

  <div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour le maître d'ouvrage public</div>
    <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Une clause de journal de chantier mensuel bien rédigée, érigée en condition de recevabilité, est un bouclier puissant contre les réclamations de fin de marché. Encore faut-il l'inscrire clairement au CCAP et en exiger le respect tout au long du chantier.</div>
  </div>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que vous devez faire concrètement</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La leçon est opérationnelle et vaut pour toute entreprise titulaire d'un marché public de travaux, dans les Hauts-de-France comme ailleurs. D'abord, à la signature : repérez dans le CCAP toute clause de journal ou registre de chantier, et notez le délai d'envoi (ici 14 jours calendaires après la fin du mois, <strong style="color:#0c0b09">à peine de forclusion</strong> — c'est-à-dire la perte définitive du droit). Ensuite, en cours de chantier : tenez ce journal de chantier <strong style="color:#0c0b09">chaque mois</strong>, même quand l'incident paraît mineur ou que son coût reste inconnu, et conservez la preuve de sa réception par le maître d'œuvre — la cour rappelle que rédiger ne suffit pas, il faut démontrer la transmission. Gardez en tête que seuls les événements consignés dans ce journal seront regardés comme des « réclamations intervenues antérieurement » au sens de l'article 50.1.1 du CCAG Travaux 2009 (devenu l'article 55.1.1 de l'édition 2021) : tout le reste est juridiquement réputé n'avoir jamais existé.</p>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une réclamation sur un marché public de travaux ne se gagne pas seulement en fin de chantier : elle se prépare ligne après ligne, dès le premier mois. C'est précisément sur ce terrain — l'articulation CCAG/CCAP et la recevabilité des réclamations — que le cabinet DELCADE accompagne entreprises et maîtres d'ouvrage publics.</p>

  <div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
    <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
    <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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		<title>Immeuble abandonné en centre-bourg : la procédure d&#8217;expropriation des communes validée par le Conseil constitutionnel</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/27/expropriation-abandon-manifeste-conseil-constitutionnel/</link>
					<comments>https://actu-beton.fr/2026/05/27/expropriation-abandon-manifeste-conseil-constitutionnel/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 19:36:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence Conseil constitutionnel, décision n° 2026-1200 QPC du 22 mai 2026, M. Yves F. [Expropriation de biens déclarés en état d&#8217;abandon manifeste] Vous êtes maire ou DGS d&#8217;une commune et un immeuble en plein centre-bourg se dégrade depuis des années. Le propriétaire est introuvable, ou refuse d&#8217;engager les travaux. Les riverains s&#8217;inquiètent, les façades menacent, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1056" class="elementor elementor-1056" data-elementor-post-type="post">
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<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261200QPC.htm" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Conseil constitutionnel, décision n° 2026-1200 QPC du 22 mai 2026, M. Yves F. [Expropriation de biens déclarés en état d'abandon manifeste]</a></div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous êtes maire ou DGS d'une commune et un immeuble en plein centre-bourg se dégrade depuis des années. Le propriétaire est introuvable, ou refuse d'engager les travaux. Les riverains s'inquiètent, les façades menacent, l'image de la commune en pâtit. La <strong style="color:#0c0b09">procédure d'expropriation pour abandon manifeste</strong> existe au Code général des collectivités territoriales (CGCT) depuis longtemps, mais beaucoup de communes hésitaient à l'enclencher, par crainte d'une censure constitutionnelle au regard du droit de propriété.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Cette hésitation n'a plus lieu d'être. Par décision rendue le 22 mai 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré l'<strong style="color:#0c0b09">expropriation pour abandon manifeste</strong> intégralement conforme à la Constitution. L'outil est désormais sécurisé.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le contexte : un outil ancien, peu utilisé, contesté</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Les articles L. 2243-1 à L. 2243-4 du CGCT permettent au maire d'engager, à l'intérieur du périmètre d'agglomération, une procédure visant les immeubles, voies privées, installations ou terrains <strong style="color:#0c0b09">« sans occupant à titre habituel »</strong> et <strong style="color:#0c0b09">« manifestement plus entretenus »</strong>. Le mécanisme se déroule en deux temps : une phase administrative de constat et d'incitation à la remise en état, puis une phase d'expropriation simplifiée.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La QPC portait sur la rédaction antérieure à la loi du 21 février 2022 (loi dite « 3DS »), mais l'économie générale du dispositif reste largement comparable. La question posée — par un avocat du barreau de Lille — était simple : ce dispositif respecte-t-il l'article 17 de la Déclaration de 1789, qui pose le principe d'une indemnité <strong style="color:#0c0b09">juste et préalable</strong> en cas d'expropriation, et plus largement le droit de propriété ?</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">En pratique</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Le maire constate l'abandon par un procès-verbal provisoire. Le propriétaire a trois mois pour réagir. Sans réaction, le conseil municipal peut voter l'expropriation. Le préfet prend ensuite l'arrêté de cessibilité.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le raisonnement du Conseil constitutionnel</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le Conseil rappelle que l'article 17 de la Déclaration de 1789 n'exclut pas tout mécanisme dérogatoire, dès lors que celui-ci répond à un <strong style="color:#0c0b09">motif impérieux d'intérêt général</strong> et qu'il est entouré de garanties suffisantes. Or l'objectif poursuivi — lutter contre la vacance, l'insalubrité et la dégradation du tissu urbain, permettre la production de logements ou la conduite d'opérations d'aménagement — relève bien d'un tel motif.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le cœur du raisonnement tient au fait que la procédure ménage au propriétaire une véritable possibilité de se manifester avant que la mesure ne devienne irrévocable. Le considérant central mérite d'être lu :</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« D'une part, l'autorité administrative ne peut déclarer le bien en état d'abandon avant l'expiration d'un délai de trois mois à compter des mesures de publicité et des notifications du procès-verbal provisoire d'abandon manifeste. D'autre part, la procédure ne peut être poursuivie si, pendant ce délai, le propriétaire a mis fin à l'état d'abandon ou s'est engagé à effectuer les travaux propres à y mettre fin dans des conditions, notamment de délai, définies, le cas échéant sous le contrôle du juge, par une convention conclue avec le maire. Le propriétaire est ainsi mis à même, dans ce délai, de se manifester et de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser l'état d'abandon. »</blockquote>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Autrement dit, la procédure n'est pas confiscatoire : elle laisse une porte de sortie au propriétaire diligent. Celui qui se réveille dans le délai de trois mois et qui s'engage par convention à remettre son bien en état arrête net la machine. C'est ce dispositif d'incitation, doublé d'un contrôle juridictionnel possible, qui sauve le mécanisme.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Les garanties offertes au propriétaire exproprié</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Sur le volet « juste et préalable indemnité », le Conseil examine l'article L. 2243-4 du CGCT et constate plusieurs garde-fous :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>la prise de possession est subordonnée au <strong style="color:#0c0b09">paiement ou à la consignation</strong> d'une indemnité provisionnelle, évaluée par le service des Domaines ;</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>la fixation de l'<strong style="color:#0c0b09">indemnité définitive</strong> relève du juge de l'expropriation, dans les conditions de droit commun ;</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>la délibération communale et l'arrêté préfectoral de cessibilité sont contestables devant le juge administratif, <strong style="color:#0c0b09">y compris par la voie du référé</strong>.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'architecture est jugée équilibrée. Le grief d'incompétence négative — qui reprochait au législateur de ne pas avoir suffisamment encadré le dispositif — est écarté pour les mêmes motifs.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour le maître d'ouvrage public</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">L'expropriation pour abandon manifeste est désormais constitutionnellement validée. Vous pouvez l'enclencher sans craindre une censure de principe. Restez rigoureux sur les notifications, le délai de trois mois et l'indemnité provisionnelle : c'est là que se gagnent les recours.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que la décision change concrètement</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour les communes — particulièrement celles confrontées à des centres-bourgs ou à d'anciens quartiers fragilisés, configuration fréquente dans les Hauts-de-France (ancien bassin minier, friches urbaines, centres anciens dégradés) — la sécurisation est réelle. Trois leviers concrets méritent d'être travaillés en amont :</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px"><strong style="color:#0c0b09">1. Le ciblage du bien.</strong> La procédure suppose un immeuble « sans occupant à titre habituel » et « manifestement plus entretenu ». La qualification se prépare : photographies datées, constats d'huissier (désormais commissaire de justice), signalements des riverains, rapports d'astreinte technique. Plus le dossier est étoffé, plus le PV provisoire est solide.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px"><strong style="color:#0c0b09">2. La notification et la publicité.</strong> C'est le point de fragilité procédurale classique. Les mesures de publicité et les notifications doivent toucher tous les propriétaires et titulaires de droits réels. Un défaut sur ce point ouvre un recours évident, indépendamment du fond.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px"><strong style="color:#0c0b09">3. L'évaluation domaniale.</strong> L'indemnité provisionnelle est évaluée par les Domaines. Une saisine précoce et complète évite les retards qui bloquent la prise de possession. La fixation définitive devant le juge de l'expropriation est, elle, l'occasion classique de débat sur la valeur — y compris sur la prise en compte ou non de l'état d'abandon dans la décote.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour le propriétaire exposé à une telle procédure, la fenêtre de trois mois est décisive. Une convention de travaux signée avec le maire dans ce délai stoppe l'expropriation. C'est dans la qualité de la négociation et dans la crédibilité du calendrier de travaux que se joue le sort du dossier. <em>Le cabinet DELCADE accompagne, à Lille comme ailleurs, les collectivités comme les propriétaires confrontés à cette procédure.</em></p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Trois mois. C'est le délai pendant lequel le propriétaire peut tout arrêter en s'engageant à remettre le bien en état. Passé ce délai, la commune peut aller au bout.</div>
</div>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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Catégorie WordPress (déduite) : Droit public				</div>
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		<title>Risque d&#8217;effondrement et inaction du voisin : agir sans attendre le dommage</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/27/risque-avere-trouble-anormal-voisinage-effondrement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 19:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IMMO]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence Cour de cassation, troisième chambre civile, 5 mars 2026, n° 23-20.575 Une opération adossée à un dénivelé. Un fonds voisin dont l&#8217;état menace d&#8217;évoluer mal — un talus qui s&#8217;effrite, un ouvrage qui se dégrade, des fondations sous-dimensionnées de l&#8217;autre côté de la limite séparative. L&#8217;expertise confirme le risque pour les constructions édifiées, mais [&#8230;]</p>
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<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/69a94f5ccdc6046d4794236e" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Cour de cassation, troisième chambre civile, 5 mars 2026, n° 23-20.575</a></div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une opération adossée à un dénivelé. Un fonds voisin dont l'état menace d'évoluer mal — un talus qui s'effrite, un ouvrage qui se dégrade, des fondations sous-dimensionnées de l'autre côté de la limite séparative. L'expertise confirme le risque pour les constructions édifiées, mais le voisin refuse les travaux qui seuls écarteraient la menace. Aucun préjudice n'est encore matérialisé. Faut-il attendre qu'il survienne pour agir ?</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La troisième chambre civile de la Cour de cassation répond clairement, dans une décision du 5 mars 2026 : non. Le <strong style="color:#0c0b09">risque avéré</strong> est, en lui-même, un trouble anormal de voisinage. Et il fonde une obligation de faire à la charge du voisin qui s'en abstient.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Les faits : deux fonds voisins, un talus, un refus</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">En l'espèce, deux sociétés voisines. La première, propriétaire du fonds <strong style="color:#0c0b09">supérieur</strong>, y édifie en 2014 des constructions et installe un mur de soutènement en limite séparative. Quelques mois plus tard, le talus situé sur la parcelle <strong style="color:#0c0b09">inférieure</strong> du voisin subit un éboulement.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une expertise judiciaire est ordonnée. Conclusion : pour écarter tout risque d'effondrement futur — en particulier en cas de fortes pluies — des travaux de consolidation doivent être réalisés sur le talus, donc sur le fonds inférieur. Le propriétaire de ce fonds refuse. Assigné aux fins d'y être contraint sous astreinte, il convainc la cour d'appel de Fort-de-France : aucun désordre n'est actuellement constaté sur le fonds supérieur, les constructions sont en bon état, partant aucun trouble n'est actionnable. La Cour de cassation censure.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Un risque qualifié par expertise — fût-il non encore matérialisé en dommage — est en lui-même un trouble anormal de voisinage. La condamnation du voisin à exécuter les travaux peut être obtenue avant l'effondrement.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La question</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Un risque avéré de dommage — entendu comme un risque sérieux et qualifié, distinct d'un simple aléa — peut-il, en l'absence de tout préjudice déjà réalisé, caractériser un trouble anormal de voisinage et fonder une condamnation à faire ?</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le raisonnement de la Cour</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La règle est connue, désormais codifiée à l'article 1253 du Code civil depuis la loi du 15 avril 2024 : <em>« nul ne doit causer à autrui un trouble excédant les inconvénients normaux du voisinage »</em>. Régime de responsabilité <strong style="color:#0c0b09">objective</strong>, indifférent à la faute : le seul caractère anormal du trouble suffit à engager le voisin.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'intérêt de l'arrêt tient au déplacement du curseur. La cour d'appel raisonnait sur un mode très orthodoxe — pas de dommage actuel, donc pas de trouble actionnable. La Cour de cassation lui reproche précisément cet arrêt prématuré et lui enjoint de rechercher si l'absence des travaux de consolidation ne faisait pas courir un <strong style="color:#0c0b09">risque avéré</strong> de dommages excédant les inconvénients normaux du voisinage.</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« En se déterminant ainsi, sans rechercher, comme il le lui était demandé, si l'absence de réalisation des travaux de consolidation du talus n'était pas de nature à faire courir un risque avéré de dommages sur le terrain voisin, excédant les inconvénients normaux du voisinage, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision. »</blockquote>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La solution s'inscrit dans une tendance déjà perceptible — la jurisprudence admet de longue date, sur certains terrains particuliers (risque sismique, ouvrages menaçant ruine, expositions environnementales), que l'exposition à un risque qualifié puisse à elle seule caractériser le trouble anormal. L'arrêt du 5 mars 2026 transpose la solution aux configurations de terrains en pente, fréquentes dès qu'une opération s'adosse à un coteau, à un talus ou à un dénivelé urbain.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le sens du dénivelé n'est pas un argument</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'intuition voudrait que le trouble vienne toujours du fonds supérieur — ruissellement, surcharge, déversement. La présente affaire renverse la perspective : c'est l'instabilité du fonds <strong style="color:#0c0b09">inférieur</strong> qui menace les ouvrages bâtis sur le fonds <strong style="color:#0c0b09">supérieur</strong>. La Cour ne s'arrête pas à ce paramètre topographique. Ce qui compte, c'est l'identification de celui qui crée le risque et de celui qui est en mesure de le faire cesser.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels de l'immobilier</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Lorsque l'état d'un fonds voisin met en péril un actif bâti, le risque avéré — démontré par expertise — suffit à obtenir la condamnation du voisin à exécuter les travaux. Inutile d'attendre la matérialisation du dommage.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La trajectoire procédurale</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La séquence gagne en lisibilité. Trois temps :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Une <strong style="color:#0c0b09">expertise judiciaire</strong> sollicitée au plus tôt sur le fondement de l'article 145 du Code de procédure civile. Elle est le point de bascule : c'est elle qui transforme une crainte en risque <em>avéré</em>, qualifié et opposable.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Une action au fond, sur la base du rapport, en condamnation du voisin à exécuter les travaux préconisés, assortie d'une <strong style="color:#0c0b09">astreinte</strong> dimensionnée à hauteur de l'enjeu.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Un travail de preuve en amont, soigné : constats d'huissier, relevés photographiques datés, rapports techniques privés, mises en demeure restées sans suite. Autant d'éléments qui consolideront la démonstration du caractère <em>avéré</em> du risque.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le défendeur ne pourra plus se retrancher derrière l'absence de préjudice actuel : la Cour de cassation l'écarte explicitement. Un point demeure à surveiller — la <strong style="color:#0c0b09">prescription</strong>. L'action en trouble anormal de voisinage se prescrit par cinq ans à compter de la connaissance du trouble (article 2224 du Code civil). Sur un risque évolutif, le point de départ se prête au débat ; raison supplémentaire de figer rapidement la situation par l'expertise.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Sur ce contentieux des voisinages immobiliers à risque — ouvrages en limite séparative, instabilité de talus, fondations contestées —, le cabinet DELCADE intervient régulièrement auprès des opérateurs des Hauts-de-France, du référé-expertise jusqu'à l'exécution de la décision.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">En pratique</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Dès qu'un risque sérieux est perçu côté voisin, la première décision utile est de saisir le juge des référés d'une demande d'expertise. C'est elle qui change la nature du dossier.</div>
</div>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
  <div style="display:flex;flex-wrap:wrap;gap:14px;justify-content:center;margin-bottom:22px">
    <a href="https://actu-beton.fr/contact/" target="_blank" style="display:inline-block;background:#b8924a;color:#faf8f4;text-decoration:none;padding:15px 28px;font-size:13px;font-weight:600;letter-spacing:0.03em">Déposez vos pièces — réponse vidéo sous 48h →</a>
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  </div>
  <div style="font-size:13px;color:#9e9488">Vos pièces sont transmises sous le secret professionnel de l'avocat. Première analyse gratuite et sans engagement.</div>
  <div style="margin-top:14px;font-size:13px;color:#9e9488">ou directement : <a href="mailto:contact@actu-beton.fr" style="color:#b8924a;text-decoration:none">contact@actu-beton.fr</a> · <a href="tel:+33632558481" style="color:#b8924a;text-decoration:none">+33 6 32 55 84 81</a></div>
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		<item>
		<title>Marchand de biens, investisseur, vendeur-rénovateur : la clause de non-garantie des vices cachés ne tient plus si vous avez fait les travaux</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/24/clause-non-garantie-vices-caches-vendeur-travaux/</link>
					<comments>https://actu-beton.fr/2026/05/24/clause-non-garantie-vices-caches-vendeur-travaux/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 05:36:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IMMO]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=1031</guid>

					<description><![CDATA[<p>Référence Cour de cassation, 3e chambre civile, 13 novembre 2025, n° 24-11.221, F-D, rejet Vous avez acheté un bien, vous l&#8217;avez rénové vous-même — extension, charpente, salle de bains, réseaux — puis revendu. L&#8217;acte authentique comportait la clause classique excluant la garantie des vices cachés. Vous pensiez l&#8217;opération sécurisée. La troisième chambre civile, dans un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1031" class="elementor elementor-1031" data-elementor-post-type="post">
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<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/691596265cc9fa7cae5a925d" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Cour de cassation, 3e chambre civile, 13 novembre 2025, n° 24-11.221, F-D, rejet</a></div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous avez acheté un bien, vous l'avez rénové vous-même — extension, charpente, salle de bains, réseaux — puis revendu. L'acte authentique comportait la clause classique excluant la garantie des vices cachés. Vous pensiez l'opération sécurisée. La troisième chambre civile, dans un arrêt du 13 novembre 2025, vient rappeler que cette clause ne vous protège pas : un <strong style="color:#0c0b09">vendeur qui a réalisé les travaux</strong> à l'origine des désordres est traité comme un professionnel, et la présomption de connaissance des <strong style="color:#0c0b09">vices cachés</strong> rend la clause inopposable.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le schéma opérationnel que la décision met à mal</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le modèle est classique : marchand de biens, investisseur en sortie d'opération de portage, SCI patrimoniale, particulier en stratégie « achat-rénovation-revente ». On acquiert un bien à fort potentiel, on conduit le chantier — parfois en direct, parfois en pilotant des artisans, souvent les deux — puis on revend avec plus-value. La clause de non-garantie des vices cachés figure dans l'acte notarié au titre des sécurisations standard. C'est précisément cette sécurisation que l'arrêt commenté vient priver d'effet, sur la base d'une jurisprudence désormais bien établie mais que beaucoup d'opérateurs sous-estiment.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Les faits</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vente d'une maison d'habitation en juillet 2018, prix 120 000 euros. Les acquéreurs constatent rapidement une série de désordres : affaissement géotechnique aggravé d'infiltrations en buanderie, non-respect des normes parasismiques lors d'une extension, défauts de structure affectant charpente et poutres des chambres, défaillance des évacuations de la salle de bains, absence d'eau chaude en cuisine. Au cours de l'expertise, le vendeur déclare avoir mené sur le bien <strong style="color:#0c0b09">douze à treize ans de travaux</strong>, dont certains sur la structure. La cour d'appel de Colmar prononce la résolution de la vente, ordonne la restitution du prix et condamne les vendeurs au paiement des frais de notaire, des travaux de reprise provisoire, des frais bancaires, d'assurance et d'huissier, ainsi qu'à 15 000 euros pour trouble de jouissance. Pourvoi des vendeurs : ils ne sont pas professionnels de la construction et n'avaient aucune <em>compétence particulière</em> ; la clause devait jouer.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Faire les travaux soi-même, c'est devenir responsable comme un professionnel. La clause de non-garantie ne couvre plus rien sur ces travaux.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La règle confirmée</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'article 1643 du code civil autorise une clause excluant la garantie des vices cachés, mais réserve l'hypothèse du vendeur qui les connaissait. L'article 1645 frappe le vendeur de mauvaise foi d'une indemnisation intégrale. La jurisprudence a, de longue date, construit une présomption irréfragable de connaissance des vices à l'encontre du vendeur professionnel — et l'a étendue, depuis un arrêt de principe du 26 février 1980, à celui qui a réalisé lui-même les travaux à l'origine des désordres, alors même qu'il n'est pas professionnel du bâtiment. Les arrêts publiés des 9 février 2011, 10 juillet 2013 et 19 octobre 2023 ont consolidé la ligne. La décision du 13 novembre 2025 vient la confirmer une fois encore, dans des termes nets :</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« Est assimilé au vendeur professionnel celui qui, sans être un professionnel de la construction, a réalisé lui-même les travaux à l'origine des vices de la chose vendue, de sorte que, tenu de connaître les vices, il ne peut se prévaloir d'une clause limitative ou exclusive de garantie des vices cachés. »</blockquote>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Deux enseignements à dégager. <strong style="color:#0c0b09">Premièrement</strong>, l'assimilation ne suppose aucune compétence technique particulière. Le pourvoi tentait d'imposer à la cour d'appel de rechercher si les vendeurs disposaient de « compétences particulières en matière de construction » ; la Cour de cassation balaye l'argument. L'imputation matérielle des travaux suffit : peu importe le savoir-faire réel, peu importe que les travaux aient été menés en bricoleur du dimanche ou en homme de l'art autodidacte. <strong style="color:#0c0b09">Deuxièmement</strong>, la corrélation entre les travaux du vendeur et les désordres se prouve par les éléments du dossier — ici, la déclaration du vendeur en expertise sur l'ampleur des travaux et leur emprise sur la structure, rapprochée des désordres constatés, suffit. La Cour ne s'oblige pas à un inventaire poste par poste.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels de l'immobilier</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Si vous avez touché à la structure du bien que vous vendez, la clause de non-garantie est cosmétique. Le risque financier reste entier : prix, frais, dommages-intérêts.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">L'addition</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Sur un prix de vente de 120 000 euros, les vendeurs voient l'opération annulée, doivent restituer le prix, supporter les frais de notaire, les travaux conservatoires, les frais bancaires et d'assurance liés à l'acquisition manquée des acheteurs, les frais d'huissier, et verser 15 000 euros au titre du trouble de jouissance — auxquels s'ajoutent 3 000 euros au titre de l'article 700. La sanction est exactement celle qu'envisage l'article 1645 du code civil : indemnisation intégrale du préjudice de l'acquéreur, parce que le vendeur est réputé connaître les vices.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce qu'il faut faire en pratique</h2>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Sur les postes structurels (fondations, charpente, extension, parasismique, réseaux enterrés), faire intervenir des entreprises assurées en responsabilité décennale et conserver factures, attestations d'assurance et procès-verbaux de réception. C'est la seule manière de transférer le risque, pas la clause notariée.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Documenter précisément, dans l'acte de vente, la nature et l'ampleur des travaux réalisés et par qui. Une information loyale et exhaustive de l'acquéreur réduit son fondement à invoquer le vice caché — l'article 1642 du code civil exigeant le caractère <em>caché</em> du vice.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Côté acquéreur, sécuriser dès l'expertise les déclarations du vendeur sur les travaux qu'il a personnellement menés. Comme dans l'arrêt commenté, c'est la pièce qui fait basculer le dossier.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Surveiller le délai de l'action : deux ans à compter de la découverte du vice (article 1648 du code civil). L'expertise judiciaire interrompt ce délai, encore faut-il l'avoir engagée à temps.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le contentieux du <strong style="color:#0c0b09">vendeur ayant réalisé les travaux à l'origine des vices cachés</strong> est devenu un terrain stable, à la jurisprudence consolidée. C'est une matière que le cabinet mobilise régulièrement à Lille et dans les Hauts-de-France, aussi bien pour défendre les opérateurs immobiliers en sortie d'opération que pour assister les acquéreurs qui découvrent les désordres après la signature.</p>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sous-traitant de second rang impayé : pas de recours contre l&#8217;entrepreneur principal pour défaut d&#8217;agrément</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/22/sous-traitant-de-second-rang-impaye-pas-de-recours-contre-lentrepreneur-principal-pour-defaut-dagrement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 18:58:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence Cour de cassation, 3e chambre civile, 21 janvier 2015, n° 13-18.316, publié au Bulletin Votre donneur d&#8217;ordre — un sous-traitant qui vous a fait intervenir sur un chantier — tombe en liquidation judiciaire. Vos prestations sont exécutées, vos factures restent impayées, et l&#8217;entrepreneur principal est toujours en place. Premier réflexe : le titulaire du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="863" class="elementor elementor-863" data-elementor-post-type="post">
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  <div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
    <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000030142720" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Cour de cassation, 3<sup>e</sup> chambre civile, 21 janvier 2015, n° 13-18.316, publié au Bulletin</a></div>
  </div>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Votre donneur d'ordre — un sous-traitant qui vous a fait intervenir sur un chantier — tombe en liquidation judiciaire. Vos prestations sont exécutées, vos factures restent impayées, et l'entrepreneur principal est toujours en place. Premier réflexe : le titulaire du marché connaissait ma présence, il aurait dû me faire <strong style="color:#0c0b09">agréer par le maître de l'ouvrage</strong> ; sa carence me cause un préjudice, je peux le poursuivre. Dans un arrêt publié du 21 janvier 2015, la Cour de cassation ferme cette voie : le <strong style="color:#0c0b09">sous-traitant de second rang impayé</strong> ne dispose d'aucun recours contre l'entrepreneur principal au titre du défaut d'agrément.</p>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le contexte : une cascade classique de sous-traitances</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le chantier porte sur la restructuration et la réhabilitation d'un lycée. La société Grand Ouest Construction (GOC) est titulaire du lot n° 1, démolition – gros œuvre. Elle confie une partie de l'exécution à la société TPIB, son sous-traitant de premier rang. Pour évacuer environ 9 000 m³ de terres en décharge, TPIB fait à son tour appel à la société Unoule & Martineau, qui met à sa disposition des engins de travaux publics avec chauffeurs. Un contrat de sous-traitance et un bon de commande sont signés entre TPIB et Unoule & Martineau.</p>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">TPIB est placée en liquidation judiciaire. Unoule & Martineau, qui a facturé 125 580 euros, déclare sa créance puis assigne directement GOC. Son argument : GOC connaissait sa présence sur le chantier — courriel transmettant les plans et pièces du marché, feuille de présence mentionnant expressément la qualité de « sous-traitant TPIB » — et avait à ce titre l'obligation de la présenter à l'agrément du maître de l'ouvrage. La cour d'appel de Rouen suit ce raisonnement et condamne l'entrepreneur principal.</p>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La question : sur qui pèse l'obligation d'agrément dans une chaîne de sous-traitance</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'article 2 de la loi du 31 décembre 1975 oblige l'entrepreneur qui sous-traite à <strong style="color:#0c0b09">faire accepter</strong> son sous-traitant par le maître de l'ouvrage et à faire agréer ses conditions de paiement. Cette formalité est la contrepartie de la protection légale du sous-traitant régulier : action directe contre le maître de l'ouvrage en cas de défaillance du donneur d'ordre, garantie de paiement de l'article 14 dans les marchés privés.</p>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La question se pose dès que la chaîne s'allonge. L'entrepreneur principal connaît son sous-traitant direct. Mais quand celui-ci s'adjoint à son tour un sous-traitant — le sous-traitant de second rang —, ce dernier entre-t-il dans le périmètre de l'obligation d'agrément qui pèse sur le titulaire du marché, dès lors que ce titulaire en a connaissance ?</p>

  <div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
    <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Chaque entrepreneur ne répond de l'agrément que pour le sous-traitant qu'il a lui-même choisi. Pas pour celui de son sous-traitant.</div>
  </div>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La réponse de la Cour de cassation : une obligation strictement « par étage »</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La troisième chambre civile casse l'arrêt rouennais et pose une règle nette :</p>

  <blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« En faisant supporter à la société GOC l'obligation pesant sur l'entrepreneur principal de présenter son sous-traitant à l'agrément du maître de l'ouvrage alors que la société Unoule et Martineau était le sous-traitant de la société TPIB et non de la société GOC, la cour d'appel a violé les textes susvisés. »</blockquote>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La règle posée par la Cour est sans ambiguïté : <strong style="color:#0c0b09">l'entrepreneur principal n'a pas l'obligation de présenter à l'agrément du maître de l'ouvrage le sous-traitant de son propre sous-traitant</strong>. L'obligation d'agrément n'est pas une obligation de chaîne descendante depuis le titulaire du marché. Elle s'exerce <strong style="color:#0c0b09">par étage</strong> : chaque entrepreneur — y compris le sous-traitant de premier rang, qui devient « entrepreneur » à l'égard de celui qu'il sous-traite — n'est tenu de faire agréer que son propre sous-traitant direct.</p>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La connaissance, par l'entrepreneur principal, de la présence d'un sous-traitant de second rang sur le chantier ne change rien. Même si GOC avait transmis les plans, même si elle avait enregistré la présence d'un préposé étiqueté « sous-traitant TPIB » sur une feuille de présence, aucun fait positif ne créait à sa charge une obligation d'agrément qui n'existe pas dans le texte. La connaissance n'engendre pas l'obligation.</p>

  <div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels du BTP</div>
    <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Vous êtes sous-traitant de second rang. Votre interlocuteur, c'est votre donneur d'ordre direct, pas le titulaire du marché. C'est lui — et lui seul — qui doit vous faire agréer par le maître de l'ouvrage. S'il fait faillite avant de l'avoir fait, vous n'aurez pas de recours contre l'entrepreneur principal pour cette raison.</div>
  </div>

  <h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">L'enseignement pratique : sécuriser son rang AVANT de monter sur le chantier</h2>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour le sous-traitant de second rang impayé, la décision déplace le centre de gravité de la prévention. Compter sur la « connaissance » du titulaire du marché ne sert à rien. Trois réflexes méritent d'être ancrés :</p>

  <ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Au moment de la signature</strong>, exiger de votre donneur d'ordre la preuve qu'il est lui-même régulièrement accepté et agréé sur le marché, et qu'il engage la procédure d'agrément pour vous auprès du maître de l'ouvrage.</li>
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Avant la première intervention</strong>, vérifier que l'agrément a effectivement été obtenu. Une présence tolérée sur le chantier n'est pas une présence régularisée. La tolérance du titulaire ne vaut pas agrément.</li>
    <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Adosser le contrat à des garanties</strong> de paiement (caution, délégation, retenue) chaque fois que possible. Sans agrément, la solvabilité de votre donneur d'ordre direct est, en pratique, votre seule sécurité.</li>
  </ul>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Quand le défaut d'agrément est constaté tardivement, après défaillance du donneur d'ordre, le périmètre des recours se rétrécit fortement : la déclaration de créance reste possible, mais l'action directe contre le maître de l'ouvrage (article 12 de la loi de 1975, dans les marchés privés) suppose un agrément ou, à tout le moins, une mise en demeure préalable suivie de circonstances particulières — terrain étroit, à apprécier dossier par dossier. Le recours pour défaut d'agrément contre l'entrepreneur principal, lui, est fermé.</p>

  <p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour les loueurs d'engins, terrassiers, façadiers, plâtriers, électriciens et l'ensemble des entreprises spécialisées qui interviennent fréquemment en sous-traitance de second rang — un schéma très répandu dans les Hauts-de-France où la chaîne de sous-traitance est dense —, cette décision de 2015, toujours fermement appliquée, doit être intégrée à la procédure interne de prise de commande. Le cabinet DELCADE intervient régulièrement sur ces contentieux de paiement et de qualification des chaînes de sous-traitance.</p>

  <div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
    <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">En pratique</div>
    <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Avant de monter sur le chantier, demandez à votre donneur d'ordre une preuve écrite que vous avez été présenté et agréé par le maître de l'ouvrage. Sans cette preuve, vous travaillez à découvert. C'est lui qui doit agir, pas le titulaire du marché.</div>
  </div>

  <div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
    <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
    <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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  </div>

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		<title>Acquéreur condamné à payer la commission d&#8217;agence : à quelles conditions ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 10:23:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IMMO]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Acquéreur condamné à payer la commission d&#8217;agence : à quelles conditions ? Référence Cour de cassation, 3e chambre civile, 7 mai 2026, n° 24-10.637, FS-B Vous êtes promoteur, marchand de biens ou investisseur. Vous visitez un bien présenté par une agence mandatée par le vendeur — mandat non exclusif, commission contractuellement mise à votre charge [&#8230;]</p>
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<title>Acquéreur condamné à payer la commission d&rsquo;agence : à quelles conditions ?</title>
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<div style="background:#faf8f4;padding:48px 44px;border-radius:4px;max-width:820px;margin:0 auto">

<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5">Cour de cassation, 3<sup>e</sup> chambre civile, 7 mai 2026, n° 24-10.637, FS-B</div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous êtes promoteur, marchand de biens ou investisseur. Vous visitez un bien présenté par une agence mandatée par le vendeur — mandat non exclusif, commission contractuellement mise à votre charge — puis vous rouvrez la négociation directement avec le vendeur quelques semaines plus tard. Le prix baisse, l&rsquo;agence n&rsquo;apparaît plus à l&rsquo;acte. La question revient à chaque opération : un <strong style="color:#0c0b09">acquéreur</strong>, sans contrat avec l&rsquo;agence, peut-il vraiment être <strong style="color:#0c0b09">condamné</strong> à lui payer la <strong style="color:#0c0b09">commission</strong> ? La troisième chambre civile de la Cour de cassation, dans son arrêt du 7 mai 2026, en redonne la mesure exacte.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Les faits jugés</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le 5 avril 2018, l&rsquo;enseigne Concorde Immobilier (société Maya) fait visiter une villa à un couple. Elle agit en vertu d&rsquo;un mandat de vente non exclusif que lui ont confié les vendeurs, prévoyant une commission de 6 % du prix de vente — fixé à 2 990 000 € — mise à la charge de l&rsquo;acquéreur. Le 29 août 2018, la vente est conclue directement entre vendeurs et acquéreurs au prix de 2 500 000 €. L&rsquo;acte authentique ne mentionne pas l&rsquo;agence.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;agence assigne en réparation. La cour d&rsquo;appel d&rsquo;Aix-en-Provence (25 octobre 2023) condamne les acquéreurs <em>in solidum</em> à 150 000 € — soit 6 % du prix de vente effectif, c&rsquo;est-à-dire la commission que l&rsquo;agence aurait perçue si la vente avait été conclue par son entremise. La Cour de cassation rejette le pourvoi.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels de l&rsquo;immobilier</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Vous visitez un bien par agence puis vous signez en direct avec le vendeur quelques semaines plus tard. Vous pouvez être condamné à payer l&rsquo;intégralité de la commission, même sans avoir rien signé avec l&rsquo;agence. La Cour de cassation l&rsquo;a redit le 7 mai 2026.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le fondement : responsabilité délictuelle du tiers complice</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;acquéreur n&rsquo;a rien signé avec l&rsquo;agence. Le fondement de la condamnation n&rsquo;est donc pas contractuel : il est <strong style="color:#0c0b09">délictuel</strong>. La Cour le rattache aux articles 1200 et 1240 du Code civil, articulés avec la loi Hoguet (article 6 de la loi du 2 janvier 1970 et article 73 du décret du 20 juillet 1972, qui encadrent l&rsquo;activité d&rsquo;agent immobilier).</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La règle, posée dès l&rsquo;arrêt d&rsquo;assemblée plénière du 9 mai 2008 (n° 07-12.449), est constante : le tiers à un contrat qui se rend complice de la violation par une partie de ses obligations contractuelles engage sa responsabilité délictuelle. Appliquée à l&rsquo;immobilier, elle vise l&rsquo;acquéreur dont le comportement prive l&rsquo;agent immobilier de la commission à laquelle il aurait eu droit. L&rsquo;arrêt du 7 mai 2026 la reformule clairement :</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« Si l&rsquo;acquéreur n&rsquo;est pas partie au contrat de mandat, il est susceptible d&rsquo;engager sa responsabilité délictuelle à l&rsquo;égard de l&rsquo;agent immobilier, lorsque, par son comportement fautif, il lui a fait perdre sa commission et […] tel est le cas lorsque l&rsquo;absence de droit à rémunération de l&rsquo;agent immobilier procède de manœuvres frauduleuses. »</blockquote>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le mot pèse : il faut une <strong style="color:#0c0b09">faute</strong>. Et, dans le cadre d&rsquo;un mandat <em>non exclusif</em> — où l&rsquo;acquéreur n&rsquo;est pas, par principe, lié à une agence donnée — cette faute prend la forme spécifique de <strong style="color:#0c0b09">manœuvres frauduleuses</strong>. Une renégociation directe, même opportuniste, ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il que la fraude soit caractérisée.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Comment la fraude se caractérise</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;apport pratique de l&rsquo;arrêt est dans la méthode. La Cour valide le raisonnement de la cour d&rsquo;appel construit sur trois éléments combinés :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>La <strong style="color:#0c0b09">connaissance</strong> par l&rsquo;acquéreur du droit à rémunération de l&rsquo;agent qui lui a fait visiter le bien.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Une <strong style="color:#0c0b09">promesse de vente signée à l&rsquo;insu de l&rsquo;agent</strong>, cinq semaines seulement après la visite, contenant une clause par laquelle l&rsquo;acquéreur « s&rsquo;engageait à prendre en charge la totalité des éventuelles poursuites qui pourraient être formulées par les agences immobilières qu&rsquo;il aurait contactées pour la présentation de ce bien ».</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>Un <strong style="color:#0c0b09">acte authentique muet</strong> : ni mention de l&rsquo;agence, ni reproduction de la clause précitée.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La clause de la promesse est l&rsquo;élément déterminant. Elle fonctionne comme un <strong style="color:#0c0b09">aveu</strong> : on n&rsquo;anticipe une « prise en charge des poursuites des agences » que parce qu&rsquo;on a conscience qu&rsquo;un risque existe. Sa disparition au stade de l&rsquo;acte authentique parachève la démonstration : on ne dissimule que ce que l&rsquo;on sait compromettant.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Pas besoin d&rsquo;une preuve unique de fraude. Trois indices, pris ensemble, suffisent : connaissance du mandat, chronologie courte entre la visite et la signature en direct, clause interne qui trahit la conscience du risque. C&rsquo;est le faisceau qui emporte la décision.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le préjudice : la commission, intégralement</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le montant alloué — 150 000 € — n&rsquo;a rien de symbolique : il correspond à 6 % du prix de vente effectif, c&rsquo;est-à-dire à la commission que l&rsquo;agence aurait perçue si la vente avait été conclue par son entremise. Le préjudice indemnisable est donc le manque à gagner intégral, pas une participation. Les acquéreurs ont en outre été condamnés aux dépens et à 3 000 € au titre de l&rsquo;article 700 du code de procédure civile.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">On notera que la baisse de prix obtenue par les acquéreurs (490 000 €) excédait largement le montant de la commission. L&rsquo;arrêt ne raisonne pas sur l&rsquo;économie de prix mais sur la commission perdue, calculée sur le prix effectif : une « bonne affaire » sur le prix de vente ne neutralise pas la condamnation.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le risque concret pour l&rsquo;opérateur immobilier</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour un promoteur, un marchand de biens ou un investisseur professionnel, les trois indices retenus par la Cour se rencontrent fréquemment dans le cours normal d&rsquo;une opération :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>La <strong style="color:#0c0b09">connaissance du mandat</strong> est presque toujours établie : bon de visite signé, échanges écrits, fiches de présentation du bien mentionnant le taux de commission.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>La <strong style="color:#0c0b09">chronologie courte</strong> entre visite et signature en direct résulte naturellement de la dynamique d&rsquo;une opération, surtout sur un marché tendu où les décisions se prennent en quelques semaines.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>La <strong style="color:#0c0b09">clause de garde</strong> anticipant les réclamations d&rsquo;agences est, paradoxalement, fréquente dans les promesses rédigées par des conseils prudents — précisément pour faire face au risque. L&rsquo;arrêt en fait une pièce à charge, ce qui invite à reconsidérer sa formulation.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Autrement dit : la situation type de l&rsquo;acquéreur professionnel qui rouvre la négociation en direct rencontre, presque mécaniquement, deux des trois critères. Le troisième — la clause-aveu — peut surgir d&rsquo;un standard contractuel ancien, sans aucune intention particulière de fraude.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Quelle conduite à tenir</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Trois pistes, sérieusement défendables, méritent d&rsquo;être systématisées sur les opérations sensibles :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Documenter la rupture économique</strong> entre les deux phases : si la négociation en direct repose sur un périmètre, une configuration ou une structure de paiement très différents de ce qui avait été présenté par l&rsquo;agence, le lien de causalité entre la visite initiale et la vente conclue s&rsquo;affaiblit.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Revoir la rédaction des promesses</strong> : la clause de garde anticipant les recours d&rsquo;agences, pensée comme une protection, peut se retourner en aveu. Sa formulation gagne à être travaillée — voire, dans les opérations sensibles, remplacée par un mécanisme alternatif (déclaration encadrée, garantie autonome du vendeur).</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Intégrer le délai d&rsquo;action</strong> : l&rsquo;agent immobilier dispose, sur le fondement de l&rsquo;article 2224 du Code civil, de cinq ans à compter du jour où il a connu ou aurait dû connaître la vente conclue en direct. Le risque ne s&rsquo;éteint pas à la signature.</li>
</ul>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">En pratique</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Quand une opération a démarré par une visite avec agence, traiter ensuite en direct avec le vendeur n&rsquo;est jamais neutre. Une analyse contractuelle au cas par cas s&rsquo;impose, avant signature de la promesse — pas après.</div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;arrêt du 7 mai 2026 ne crée pas un droit nouveau : il affermit, par sa formule et son application, une jurisprudence amorcée en 2008. Mais il opère un déplacement utile pour la pratique : la fraude n&rsquo;est plus l&rsquo;exception qu&rsquo;on imagine — elle se déduit d&rsquo;un faisceau d&rsquo;indices que les opérations d&rsquo;acquisition immobilière, à Lille comme ailleurs, croisent très régulièrement. Pour le promoteur ou le marchand de biens, voir un <strong style="color:#0c0b09">acquéreur condamné</strong> à payer la <strong style="color:#0c0b09">commission</strong> de l&rsquo;<strong style="color:#0c0b09">agence</strong> est désormais un point d&rsquo;attention contractuel à part entière. Le cabinet DELCADE accompagne régulièrement les opérateurs immobiliers des Hauts-de-France sur ce type d&rsquo;arbitrages.</p>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d&rsquo;avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
  <div style="display:flex;flex-wrap:wrap;gap:14px;justify-content:center;margin-bottom:22px">
    <a href="https://actu-beton.fr/contact/" target="_blank" style="display:inline-block;background:#b8924a;color:#faf8f4;text-decoration:none;padding:15px 28px;font-size:13px;font-weight:600;letter-spacing:0.03em">Déposez vos pièces — réponse vidéo sous 48h →</a>
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  </div>
  <div style="font-size:13px;color:#9e9488">Vos pièces sont transmises sous le secret professionnel de l&rsquo;avocat. Première analyse gratuite et sans engagement.</div>
  <div style="margin-top:14px;font-size:13px;color:#9e9488">ou directement : <a href="mailto:contact@actu-beton.fr" style="color:#b8924a;text-decoration:none">contact@actu-beton.fr</a> · <a href="tel:+33632558481" style="color:#b8924a;text-decoration:none">+33 6 32 55 84 81</a></div>
</div>

</div>

</body>
</html>

<p>The post <a href="https://actu-beton.fr/2026/05/21/acquereur-condamne-a-payer-la-commission-dagence-a-quelles-conditions/">Acquéreur condamné à payer la commission d&rsquo;agence : à quelles conditions ?</a> appeared first on <a href="https://actu-beton.fr">Actu Béton</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Centrale photovoltaïque au sol : l&#8217;atteinte au site qui fait annuler le permis de construire</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/17/centrale-photovoltaique-au-sol-latteinte-au-site-qui-fait-annuler-le-permis-de-construire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 13:01:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=827</guid>

					<description><![CDATA[<p>Référence Conseil d&#8217;État, 6e chambre, 13 mai 2026, n° 501379, inédit au recueil Lebon Vous portez un projet de centrale photovoltaïque au sol. Le permis a été accordé par le préfet, le tribunal administratif puis la cour d&#8217;appel ont rejeté les recours des opposants : vous vous croyez à l&#8217;abri. Le Conseil d&#8217;État vient pourtant [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="background:#faf8f4;padding:48px 44px;border-radius:4px;max-width:820px;margin:0 auto">

<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054101798" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Conseil d&rsquo;État, 6e chambre, 13 mai 2026, n° 501379, inédit au recueil Lebon</a></div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous portez un projet de centrale photovoltaïque au sol. Le permis a été accordé par le préfet, le tribunal administratif puis la cour d&rsquo;appel ont rejeté les recours des opposants : vous vous croyez à l&rsquo;abri. Le Conseil d&rsquo;État vient pourtant de rappeler qu&rsquo;un <strong style="color:#0c0b09">permis de construire photovoltaïque peut être annulé pour atteinte au caractère d&rsquo;un site</strong>, même après deux victoires contentieuses, et même avec des mesures d&rsquo;intégration paysagère. Une décision qui doit faire réfléchir tout développeur d&rsquo;énergies renouvelables.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Un permis solaire validé en première instance et en appel peut quand même tomber en cassation. La qualité du site et l&rsquo;avis des autorités patrimoniales pèsent lourd.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le contexte : un parc solaire de 25 hectares au pied d&rsquo;un village classé</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Un développeur obtient du préfet du Gers un permis de construire pour une centrale photovoltaïque au sol. Le terrain, jusque-là agricole, surplombe légèrement le village de Berrac — un bourg d&rsquo;à peine plus d&rsquo;un hectare, perché sur une colline, abritant une église, un cimetière et une enceinte fortifiée inscrits à l&rsquo;inventaire des monuments historiques, avec une vue dégagée sur les paysages vallonnés de la Lomagne gersoise. Le parc projeté couvre une surface totale de 25 hectares, de part et d&rsquo;autre du chemin de crête qui mène au village.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une association environnementale et plusieurs riverains attaquent le permis. Ils perdent devant le tribunal administratif de Pau, puis devant la cour administrative d&rsquo;appel de Bordeaux. Ils se pourvoient en cassation devant le Conseil d&rsquo;État. Et là, la décision s&rsquo;inverse.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La règle : le contrôle de l&rsquo;atteinte au site en deux temps</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;article R. 111-27 du code de l&rsquo;urbanisme — repris ici par le règlement du plan local d&rsquo;urbanisme communal — permet à l&rsquo;administration de refuser un permis, ou de l&rsquo;assortir de <strong style="color:#0c0b09">prescriptions spéciales</strong> (des conditions imposées au projet), lorsqu&rsquo;une construction est de nature à porter atteinte au caractère ou à l&rsquo;intérêt des lieux avoisinants, aux sites et aux paysages.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le Conseil d&rsquo;État rappelle la méthode que le juge doit suivre, en deux étapes successives :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Premier temps</strong> : apprécier la qualité du site sur lequel la construction est projetée.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Second temps</strong> : évaluer l&rsquo;impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.</li>
</ul>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour le maître d&rsquo;ouvrage public</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Avant d&rsquo;accorder un permis sur un site sensible, l&rsquo;autorité doit raisonner en deux temps : qualité du site, puis impact du projet. Une instruction qui saute la première étape fragilise l&rsquo;autorisation.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La sanction : la dénaturation des pièces du dossier</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La cour d&rsquo;appel avait jugé que le projet ne porterait pas atteinte au caractère du site. Le Conseil d&rsquo;État censure ce raisonnement en relevant une <strong style="color:#0c0b09">dénaturation des pièces du dossier</strong> — c&rsquo;est-à-dire une lecture des faits si manifestement erronée qu&rsquo;elle justifie la cassation, alors même que le juge du fond apprécie souverainement les faits.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Ce qui emporte la décision : le projet avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;<strong style="color:#0c0b09">avis défavorables</strong> de l&rsquo;architecte des bâtiments de France, de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, et du commissaire enquêteur, ainsi que de réserves de l&rsquo;autorité environnementale. Et malgré les aménagements proposés — principalement la plantation d&rsquo;une haie arborée de chaque côté du chemin pour dissimuler les panneaux —, le parc altérait profondément le caractère du site et les conditions d&rsquo;accès au bourg. Juger l&rsquo;inverse, dans ce contexte, relevait de la dénaturation.</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« En dépit des aménagements proposés (…) il altérerait profondément le caractère du site et les conditions d&rsquo;accès au bourg, la cour administrative d&rsquo;appel a dénaturé les pièces du dossier. »</blockquote>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que cette décision change pour les porteurs de projets</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;enseignement est clair pour tout développeur d&rsquo;énergies renouvelables : obtenir le permis et gagner en première instance puis en appel ne sécurise pas définitivement un projet exposé sur un <strong style="color:#0c0b09">permis de construire photovoltaïque avec atteinte au site</strong>. Les avis défavorables des autorités patrimoniales et environnementales — architecte des bâtiments de France, commission des sites, autorité environnementale — ne sont pas de simples formalités : ils constituent un faisceau d&rsquo;éléments que le juge de cassation peut mobiliser pour censurer une appréciation trop favorable au projet. Les mesures d&rsquo;intégration paysagère, comme une haie de dissimulation, ne suffisent pas lorsque l&rsquo;atteinte porte sur le caractère même du site et ses accès.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">En pratique, la qualification du site doit être anticipée très en amont : un terrain agricole peut être juridiquement banal et pourtant situé dans le champ de visibilité d&rsquo;un ensemble patrimonial protégé qui en fait un site sensible. Le délai compte aussi : un recours en excès de pouvoir contre un permis peut prospérer plusieurs années après sa délivrance, et l&rsquo;annulation intervient ici alors que la procédure était engagée depuis 2023. Sur ces dossiers où s&rsquo;entrecroisent urbanisme, droit de l&rsquo;environnement et protection du patrimoine, une équipe dédiée du cabinet DELCADE peut être mobilisée pour sécuriser l&rsquo;autorisation en amont ou défendre le projet en contentieux.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels du BTP</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Avant de lancer un projet près d&rsquo;un site classé ou inscrit, faites évaluer la sensibilité paysagère. Les avis défavorables des autorités patrimoniales sont un signal de risque contentieux majeur, pas une formalité.</div>
</div>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d&rsquo;avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
  <div style="display:flex;flex-wrap:wrap;gap:14px;justify-content:center;margin-bottom:22px">
    <a href="https://actu-beton.fr/contact/" target="_blank" style="display:inline-block;background:#b8924a;color:#faf8f4;text-decoration:none;padding:15px 28px;font-size:13px;font-weight:600;letter-spacing:0.03em">Déposez vos pièces — réponse vidéo sous 48h →</a>
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  </div>
  <div style="font-size:13px;color:#9e9488">Vos pièces sont transmises sous le secret professionnel de l&rsquo;avocat. Première analyse gratuite et sans engagement.</div>
  <div style="margin-top:14px;font-size:13px;color:#9e9488">ou directement : <a href="mailto:contact@actu-beton.fr" style="color:#b8924a;text-decoration:none">contact@actu-beton.fr</a> · <a href="tel:+33632558481" style="color:#b8924a;text-decoration:none">+33 6 32 55 84 81</a></div>
</div>

</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Vente immobilière et dol du vendeur : quand la dissimulation d&#8217;un vice cache entraîne la nullité du contrat</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/vente-immobiliere-et-dol-du-vendeur-quand-la-dissimulation-dun-vice-cache-entraine-la-nullite-du-contrat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:19:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IMMO]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=693</guid>

					<description><![CDATA[<p>La dissimulation intentionnelle par un vendeur de désordres structurels affectant un bien immobilier — notamment par des travaux de masquage préalables à la vente — constitue une réticence dolosive permettant à l'acquéreur d'obtenir la nullité de la vente, indépendamment de toute action en garantie des vices cachés. Cette décision rappelle les conditions de qualification du dol et les leviers procéduraux à disposition des parties.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2></h2>
<p>La Cour d&rsquo;appel, dans une décision rendue le <strong>13 mai 2025</strong>, a eu à trancher une question récurrente en matière de cession immobilière : la dissimulation par le vendeur d&rsquo;un défaut structurel affectant le bien peut-elle fonder une action en nullité pour dol, et ce, cumulativement avec la garantie des vices cachés ? <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000053915872?fonds=JURI&amp;page=1&amp;pageSize=10&amp;searchField=ALL&amp;searchType=ALL&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;tab_selection=juri&amp;typePagination=DEFAULT" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a></p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Un acquéreur fait l&rsquo;acquisition d&rsquo;un bien immobilier à usage d&rsquo;habitation. Quelques mois après la prise de possession, il constate des désordres significatifs affectant la structure du bâtiment — infiltrations, fissures structurelles, défauts d&rsquo;étanchéité — dont l&rsquo;ancienneté est attestée par expertise judiciaire. Il ressort des investigations que le vendeur avait connaissance de ces désordres avant la vente, et avait procédé à des travaux de masquage destinés à dissimuler leur existence aux yeux de l&rsquo;acquéreur et des diagnostiqueurs mandatés.</p>
<p>L&rsquo;acquéreur engage une action en nullité de la vente sur le fondement du <strong>dol</strong>, tout en sollicitant subsidiairement la mise en œuvre de la <strong>garantie des vices cachés</strong>.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Plusieurs éléments ont été déterminants dans l&rsquo;analyse retenue :</p>
<ul>
<li>L&rsquo;existence de <strong>travaux de camouflage</strong> réalisés peu avant la mise en vente, attestée par des éléments matériels relevés à l&rsquo;expertise ;</li>
<li>Des <strong>échanges antérieurs à la vente</strong> démontrant que le vendeur avait fait intervenir des artisans sur les zones affectées, sans en informer l&rsquo;acquéreur ;</li>
<li>L&rsquo;absence de mention dans les documents précontractuels et dans les annexes du compromis de toute problématique structurelle ;</li>
<li>La <strong>nature ancienne des désordres</strong>, incompatible avec une survenance postérieure à la vente.</li>
</ul>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question centrale posée à la juridiction était la suivante : <strong>la dissimulation volontaire par le vendeur d&rsquo;un défaut affectant le bien, constitutive d&rsquo;une réticence dolosive, peut-elle fonder la nullité de la vente pour vice du consentement, alors même que l&rsquo;acquéreur dispose par ailleurs d&rsquo;une action en garantie des vices cachés ?</strong></p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>Sur le plan de la qualification, le dol est défini à l&rsquo;article <strong>1137 du Code civil</strong> comme le fait pour un contractant d&rsquo;obtenir le consentement de l&rsquo;autre par des manœuvres ou des mensonges, ou par la dissimulation intentionnelle d&rsquo;une information dont il sait le caractère déterminant pour l&rsquo;autre partie. La <strong>réticence dolosive</strong> — forme passive du dol — est ainsi constituée dès lors que le vendeur garde sciemment le silence sur un élément qui, s&rsquo;il avait été connu, aurait conduit l&rsquo;acquéreur à ne pas contracter ou à contracter à des conditions différentes.</p>
<p>Le raisonnement articulé s&rsquo;appuie sur trois piliers :</p>
<ul>
<li><strong>L&rsquo;élément intentionnel</strong> : les travaux de masquage réalisés avant la vente caractérisent sans ambiguïté la volonté du vendeur de tromper l&rsquo;acquéreur. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une simple omission négligente, mais d&rsquo;une dissimulation active ;</li>
<li><strong>Le caractère déterminant de l&rsquo;information dissimulée</strong> : des désordres structurels d&rsquo;une telle ampleur auraient, à l&rsquo;évidence, conduit un acquéreur raisonnable à renégocier le prix ou à renoncer à l&rsquo;acquisition ;</li>
<li><strong>Le lien de causalité entre le dol et le consentement vicié</strong> : sans la dissimulation, le consentement de l&rsquo;acquéreur n&rsquo;aurait pas été donné dans les mêmes termes.</li>
</ul>
<p>Sur la question du <strong>cumul des actions</strong>, la jurisprudence est désormais stabilisée : l&rsquo;action en nullité pour dol et l&rsquo;action en garantie des vices cachés poursuivent des finalités distinctes. La première sanctionne le vice du consentement ; la seconde, l&rsquo;inexécution d&rsquo;une obligation légale du vendeur. Elles sont <strong>cumulables</strong>, et le délai biennal prévu par l&rsquo;article <strong>1648 du Code civil</strong> pour l&rsquo;action en garantie des vices cachés ne peut être opposé à l&rsquo;action en nullité pour dol, soumise au délai de droit commun de cinq ans à compter de la découverte.</p>
<h2>Solution retenue</h2>
<p>La juridiction a prononcé la <strong>nullité de la vente</strong> sur le fondement du dol, ordonnant la restitution du prix et des frais exposés par l&rsquo;acquéreur. Elle a également mis à la charge du vendeur les frais de remise en état correspondant aux désordres identifiés, dès lors que la restitution du bien dans son état initial s&rsquo;avérait impraticable. L&rsquo;action en garantie des vices cachés, présentée à titre subsidiaire, a été déclarée recevable mais sans objet au regard de la solution principale retenue.</p>
<h2>Enseignement pratique</h2>
<p>Cette décision rappelle des points essentiels pour tout professionnel intervenant en transaction immobilière :</p>
<ul>
<li><strong>Le dol n&rsquo;exige pas de manœuvre active</strong> : le simple silence sciemment conservé sur un défaut connu suffit à fonder la nullité ;</li>
<li><strong>Les travaux de masquage sont une preuve directe de l&rsquo;intention dolosive</strong> : toute trace d&rsquo;intervention visant à dissimuler un défaut avant la vente sera exploitée par l&rsquo;acquéreur ;</li>
<li><strong>L&rsquo;action en nullité pour dol offre un délai plus favorable</strong> que l&rsquo;action en garantie des vices cachés, ce qui en fait souvent le fondement prioritaire en cas de découverte tardive des désordres ;</li>
<li>Pour les vendeurs, <strong>la transparence précontractuelle est la seule protection efficace</strong> : mentionner les désordres connus, annexer les devis et rapports d&rsquo;intervention, consigner l&rsquo;information dans l&rsquo;acte.</li>
</ul>
<p>Pour les acquéreurs, cette décision confirme que <strong>la dissimulation caractérisée n&rsquo;est pas sans recours</strong> et que la nullité — avec restitution intégrale du prix — reste accessible, même plusieurs années après la vente, dès lors que la preuve de l&rsquo;intention dolosive peut être rapportée.</p>
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		<title>Travaux supplémentaires non commandés par écrit : comment l&#8217;entrepreneur peut quand même être payé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:17:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'absence d'ordre écrit ne suffit pas à priver l'entrepreneur de tout paiement pour des travaux supplémentaires. Dès lors que l'accord tacite du maître d'ouvrage peut être établi par un faisceau d'indices concordants, la clause contractuelle imposant l'écrit ne constitue pas un obstacle absolu. Une décision de la Cour de cassation du 15 mai 2025 en offre une nouvelle illustration.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Cour de cassation, dans une décision du 15 mai 2025 (pourvoi n° 23-19.284), <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/69e07dfdcdc6046d476a8fe6" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a> est venue préciser les conditions dans lesquelles un entrepreneur peut obtenir paiement de travaux supplémentaires réalisés sans ordre écrit préalable. Cette décision s&rsquo;inscrit dans un contentieux récurrent sur les chantiers privés, où la pratique dépasse fréquemment les stipulations contractuelles.</p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Sur un chantier de construction ou de rénovation, il est fréquent que des prestations excèdent le périmètre du marché initial. L&rsquo;entreprise intervient, réalise des travaux complémentaires à la demande verbale du maître d&rsquo;ouvrage ou de son représentant, puis se heurte, au moment de la facturation, à un refus catégorique : <strong>« vous n&rsquo;aviez pas d&rsquo;ordre écrit, vous ne serez pas payé »</strong>. Ce type de situation conduit régulièrement au contentieux, souvent avec des enjeux financiers significatifs pour les entreprises.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Dans l&rsquo;affaire soumise à la Cour de cassation, l&rsquo;entrepreneur avait exécuté des prestations dépassant le marché initial. Aucun avenant écrit n&rsquo;avait été formalisé. Le maître d&rsquo;ouvrage contestait devoir paiement en se fondant sur la clause contractuelle imposant un ordre écrit préalable pour tout travail supplémentaire. Les juges du fond avaient néanmoins admis la demande de l&rsquo;entrepreneur. Le pourvoi posait directement la question de la valeur juridique d&rsquo;un accord non formalisé lorsque le contrat exige l&rsquo;écrit.</p>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La clause contractuelle imposant un <strong>ordre écrit préalable</strong> pour les travaux supplémentaires constitue-t-elle une condition de validité de l&rsquo;accord, ou seulement une modalité de preuve susceptible d&rsquo;être contournée par d&rsquo;autres moyens probatoires ? L&rsquo;entrepreneur peut-il valablement réclamer le paiement de prestations supplémentaires lorsque le maître d&rsquo;ouvrage a manifesté, même tacitement, son accord ?</p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>La Cour de cassation maintient une ligne constante : <strong>l&rsquo;exigence d&rsquo;un ordre écrit est en principe une condition de forme et de preuve, non une condition de fond de l&rsquo;obligation de paiement</strong>. Ce raisonnement repose sur les principes généraux du droit des contrats : un contrat peut être formé par tout moyen, sauf disposition légale ou conventionnelle expresse élevant l&rsquo;écrit au rang de condition de validité.</p>
<p>Encore faut-il que l&rsquo;entrepreneur établisse positivement l&rsquo;accord du maître d&rsquo;ouvrage. Plusieurs éléments peuvent constituer cet accord tacite :</p>
<ul>
<li>la présence du maître d&rsquo;ouvrage ou de son représentant sur le chantier lors de la réalisation des travaux litigieux, sans protestation ;</li>
<li>des échanges de courriels ou SMS évoquant les travaux sans contestation de leur principe ;</li>
<li>la réception de l&rsquo;ouvrage sans réserve sur les travaux supplémentaires ;</li>
<li>le comportement du maître d&rsquo;ouvrage postérieurement à l&rsquo;exécution (prise de possession, usage des ouvrages réalisés).</li>
</ul>
<p>Sur le plan procédural, <strong>la charge de la preuve pèse sur l&rsquo;entrepreneur</strong>. Il doit démontrer non seulement la réalité des travaux exécutés, mais aussi que le maître d&rsquo;ouvrage en a eu connaissance et ne s&rsquo;y est pas opposé en temps utile. Un faisceau d&rsquo;indices concordants peut suffire à emporter la conviction des juges du fond, qui disposent d&rsquo;un pouvoir souverain d&rsquo;appréciation.</p>
<h2>Appui jurisprudentiel</h2>
<p>La Cour de cassation s&rsquo;inscrit dans une jurisprudence bien établie. La troisième chambre civile rappelle régulièrement que <strong>la clause imposant un ordre écrit ne prive pas le juge du fond de la possibilité de rechercher si un accord tacite peut être caractérisé</strong>. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une jurisprudence permissive à l&rsquo;égard des entrepreneurs : les juges sont exigeants sur la démonstration de l&rsquo;accord. Mais ils refusent de transformer une règle probatoire en obstacle absolu au paiement de prestations réellement exécutées et acceptées.</p>
<h2>Solution retenue et enseignement pratique</h2>
<p>La Cour confirme que <strong>l&rsquo;accord tacite du maître d&rsquo;ouvrage peut fonder une condamnation au paiement des travaux supplémentaires</strong>, dès lors que les éléments de fait suffisent à caractériser cet accord. Elle rejette ainsi le pourvoi du maître d&rsquo;ouvrage qui prétendait se réfugier derrière la clause d&rsquo;ordre écrit pour échapper à toute obligation.</p>
<p>Ce que tout professionnel du BTP doit retenir :</p>
<ul>
<li><strong>Ne pas renoncer à réclamer</strong> le paiement de travaux supplémentaires au seul motif qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;avenant signé ;</li>
<li><strong>Constituer un dossier probatoire solide dès le chantier</strong> : mails, comptes rendus de réunion, photos datées, bons de commande signés même partiellement ;</li>
<li><strong>Ne pas attendre la réception</strong> pour faire constater l&rsquo;accord du maître d&rsquo;ouvrage sur les travaux supplémentaires ;</li>
<li>Lorsque la clause d&rsquo;ordre écrit est contractuelle, <strong>anticiper en réclamant systématiquement une confirmation écrite</strong>, même succincte, avant tout commencement d&rsquo;exécution.</li>
</ul>
<p>Inversement, le maître d&rsquo;ouvrage ou son AMO doit mesurer le risque : <strong>laisser exécuter des travaux sans protestation ni ordre écrit, c&rsquo;est s&rsquo;exposer à une condamnation</strong> sur le fondement d&rsquo;un accord tacite que la jurisprudence n&rsquo;hésite pas à reconnaître.</p>
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