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	<title>Maîtres d’ouvrage publics Archives - Actu Béton</title>
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	<description>Actualités et analyses juridiques en droit de la construction, de l’immobilier et de l’urbanisme</description>
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	<title>Maîtres d’ouvrage publics Archives - Actu Béton</title>
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	<item>
		<title>Immeuble abandonné en centre-bourg : la procédure d&#8217;expropriation des communes validée par le Conseil constitutionnel</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/27/expropriation-abandon-manifeste-conseil-constitutionnel/</link>
					<comments>https://actu-beton.fr/2026/05/27/expropriation-abandon-manifeste-conseil-constitutionnel/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 19:36:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence Conseil constitutionnel, décision n° 2026-1200 QPC du 22 mai 2026, M. Yves F. [Expropriation de biens déclarés en état d&#8217;abandon manifeste] Vous êtes maire ou DGS d&#8217;une commune et un immeuble en plein centre-bourg se dégrade depuis des années. Le propriétaire est introuvable, ou refuse d&#8217;engager les travaux. Les riverains s&#8217;inquiètent, les façades menacent, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1056" class="elementor elementor-1056" data-elementor-post-type="post">
						<section class="elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-926e7f0 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default" data-id="926e7f0" data-element_type="section" data-e-type="section">
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<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/20261200QPC.htm" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Conseil constitutionnel, décision n° 2026-1200 QPC du 22 mai 2026, M. Yves F. [Expropriation de biens déclarés en état d'abandon manifeste]</a></div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous êtes maire ou DGS d'une commune et un immeuble en plein centre-bourg se dégrade depuis des années. Le propriétaire est introuvable, ou refuse d'engager les travaux. Les riverains s'inquiètent, les façades menacent, l'image de la commune en pâtit. La <strong style="color:#0c0b09">procédure d'expropriation pour abandon manifeste</strong> existe au Code général des collectivités territoriales (CGCT) depuis longtemps, mais beaucoup de communes hésitaient à l'enclencher, par crainte d'une censure constitutionnelle au regard du droit de propriété.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Cette hésitation n'a plus lieu d'être. Par décision rendue le 22 mai 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré l'<strong style="color:#0c0b09">expropriation pour abandon manifeste</strong> intégralement conforme à la Constitution. L'outil est désormais sécurisé.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le contexte : un outil ancien, peu utilisé, contesté</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Les articles L. 2243-1 à L. 2243-4 du CGCT permettent au maire d'engager, à l'intérieur du périmètre d'agglomération, une procédure visant les immeubles, voies privées, installations ou terrains <strong style="color:#0c0b09">« sans occupant à titre habituel »</strong> et <strong style="color:#0c0b09">« manifestement plus entretenus »</strong>. Le mécanisme se déroule en deux temps : une phase administrative de constat et d'incitation à la remise en état, puis une phase d'expropriation simplifiée.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La QPC portait sur la rédaction antérieure à la loi du 21 février 2022 (loi dite « 3DS »), mais l'économie générale du dispositif reste largement comparable. La question posée — par un avocat du barreau de Lille — était simple : ce dispositif respecte-t-il l'article 17 de la Déclaration de 1789, qui pose le principe d'une indemnité <strong style="color:#0c0b09">juste et préalable</strong> en cas d'expropriation, et plus largement le droit de propriété ?</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">En pratique</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Le maire constate l'abandon par un procès-verbal provisoire. Le propriétaire a trois mois pour réagir. Sans réaction, le conseil municipal peut voter l'expropriation. Le préfet prend ensuite l'arrêté de cessibilité.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le raisonnement du Conseil constitutionnel</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le Conseil rappelle que l'article 17 de la Déclaration de 1789 n'exclut pas tout mécanisme dérogatoire, dès lors que celui-ci répond à un <strong style="color:#0c0b09">motif impérieux d'intérêt général</strong> et qu'il est entouré de garanties suffisantes. Or l'objectif poursuivi — lutter contre la vacance, l'insalubrité et la dégradation du tissu urbain, permettre la production de logements ou la conduite d'opérations d'aménagement — relève bien d'un tel motif.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le cœur du raisonnement tient au fait que la procédure ménage au propriétaire une véritable possibilité de se manifester avant que la mesure ne devienne irrévocable. Le considérant central mérite d'être lu :</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« D'une part, l'autorité administrative ne peut déclarer le bien en état d'abandon avant l'expiration d'un délai de trois mois à compter des mesures de publicité et des notifications du procès-verbal provisoire d'abandon manifeste. D'autre part, la procédure ne peut être poursuivie si, pendant ce délai, le propriétaire a mis fin à l'état d'abandon ou s'est engagé à effectuer les travaux propres à y mettre fin dans des conditions, notamment de délai, définies, le cas échéant sous le contrôle du juge, par une convention conclue avec le maire. Le propriétaire est ainsi mis à même, dans ce délai, de se manifester et de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser l'état d'abandon. »</blockquote>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Autrement dit, la procédure n'est pas confiscatoire : elle laisse une porte de sortie au propriétaire diligent. Celui qui se réveille dans le délai de trois mois et qui s'engage par convention à remettre son bien en état arrête net la machine. C'est ce dispositif d'incitation, doublé d'un contrôle juridictionnel possible, qui sauve le mécanisme.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Les garanties offertes au propriétaire exproprié</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Sur le volet « juste et préalable indemnité », le Conseil examine l'article L. 2243-4 du CGCT et constate plusieurs garde-fous :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>la prise de possession est subordonnée au <strong style="color:#0c0b09">paiement ou à la consignation</strong> d'une indemnité provisionnelle, évaluée par le service des Domaines ;</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>la fixation de l'<strong style="color:#0c0b09">indemnité définitive</strong> relève du juge de l'expropriation, dans les conditions de droit commun ;</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span>la délibération communale et l'arrêté préfectoral de cessibilité sont contestables devant le juge administratif, <strong style="color:#0c0b09">y compris par la voie du référé</strong>.</li>
</ul>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L'architecture est jugée équilibrée. Le grief d'incompétence négative — qui reprochait au législateur de ne pas avoir suffisamment encadré le dispositif — est écarté pour les mêmes motifs.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour le maître d'ouvrage public</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">L'expropriation pour abandon manifeste est désormais constitutionnellement validée. Vous pouvez l'enclencher sans craindre une censure de principe. Restez rigoureux sur les notifications, le délai de trois mois et l'indemnité provisionnelle : c'est là que se gagnent les recours.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que la décision change concrètement</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour les communes — particulièrement celles confrontées à des centres-bourgs ou à d'anciens quartiers fragilisés, configuration fréquente dans les Hauts-de-France (ancien bassin minier, friches urbaines, centres anciens dégradés) — la sécurisation est réelle. Trois leviers concrets méritent d'être travaillés en amont :</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px"><strong style="color:#0c0b09">1. Le ciblage du bien.</strong> La procédure suppose un immeuble « sans occupant à titre habituel » et « manifestement plus entretenu ». La qualification se prépare : photographies datées, constats d'huissier (désormais commissaire de justice), signalements des riverains, rapports d'astreinte technique. Plus le dossier est étoffé, plus le PV provisoire est solide.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px"><strong style="color:#0c0b09">2. La notification et la publicité.</strong> C'est le point de fragilité procédurale classique. Les mesures de publicité et les notifications doivent toucher tous les propriétaires et titulaires de droits réels. Un défaut sur ce point ouvre un recours évident, indépendamment du fond.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px"><strong style="color:#0c0b09">3. L'évaluation domaniale.</strong> L'indemnité provisionnelle est évaluée par les Domaines. Une saisine précoce et complète évite les retards qui bloquent la prise de possession. La fixation définitive devant le juge de l'expropriation est, elle, l'occasion classique de débat sur la valeur — y compris sur la prise en compte ou non de l'état d'abandon dans la décote.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Pour le propriétaire exposé à une telle procédure, la fenêtre de trois mois est décisive. Une convention de travaux signée avec le maire dans ce délai stoppe l'expropriation. C'est dans la qualité de la négociation et dans la crédibilité du calendrier de travaux que se joue le sort du dossier. <em>Le cabinet DELCADE accompagne, à Lille comme ailleurs, les collectivités comme les propriétaires confrontés à cette procédure.</em></p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Trois mois. C'est le délai pendant lequel le propriétaire peut tout arrêter en s'engageant à remettre le bien en état. Passé ce délai, la commune peut aller au bout.</div>
</div>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d'avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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</div>

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			</item>
		<item>
		<title>Centrale photovoltaïque au sol : l&#8217;atteinte au site qui fait annuler le permis de construire</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/17/centrale-photovoltaique-au-sol-latteinte-au-site-qui-fait-annuler-le-permis-de-construire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 13:01:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Référence Conseil d&#8217;État, 6e chambre, 13 mai 2026, n° 501379, inédit au recueil Lebon Vous portez un projet de centrale photovoltaïque au sol. Le permis a été accordé par le préfet, le tribunal administratif puis la cour d&#8217;appel ont rejeté les recours des opposants : vous vous croyez à l&#8217;abri. Le Conseil d&#8217;État vient pourtant [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="background:#faf8f4;padding:48px 44px;border-radius:4px;max-width:820px;margin:0 auto">

<div style="background:#f4f0e8;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:0 0 32px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:600;margin-bottom:6px">Référence</div>
  <div style="font-size:15px;color:#3e3a34;line-height:1.5"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054101798" target="_blank" style="color:#3e3a34;text-decoration:underline;text-decoration-color:#b8924a">Conseil d&rsquo;État, 6e chambre, 13 mai 2026, n° 501379, inédit au recueil Lebon</a></div>
</div>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Vous portez un projet de centrale photovoltaïque au sol. Le permis a été accordé par le préfet, le tribunal administratif puis la cour d&rsquo;appel ont rejeté les recours des opposants : vous vous croyez à l&rsquo;abri. Le Conseil d&rsquo;État vient pourtant de rappeler qu&rsquo;un <strong style="color:#0c0b09">permis de construire photovoltaïque peut être annulé pour atteinte au caractère d&rsquo;un site</strong>, même après deux victoires contentieuses, et même avec des mesures d&rsquo;intégration paysagère. Une décision qui doit faire réfléchir tout développeur d&rsquo;énergies renouvelables.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">Le point clé</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Un permis solaire validé en première instance et en appel peut quand même tomber en cassation. La qualité du site et l&rsquo;avis des autorités patrimoniales pèsent lourd.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Le contexte : un parc solaire de 25 hectares au pied d&rsquo;un village classé</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Un développeur obtient du préfet du Gers un permis de construire pour une centrale photovoltaïque au sol. Le terrain, jusque-là agricole, surplombe légèrement le village de Berrac — un bourg d&rsquo;à peine plus d&rsquo;un hectare, perché sur une colline, abritant une église, un cimetière et une enceinte fortifiée inscrits à l&rsquo;inventaire des monuments historiques, avec une vue dégagée sur les paysages vallonnés de la Lomagne gersoise. Le parc projeté couvre une surface totale de 25 hectares, de part et d&rsquo;autre du chemin de crête qui mène au village.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Une association environnementale et plusieurs riverains attaquent le permis. Ils perdent devant le tribunal administratif de Pau, puis devant la cour administrative d&rsquo;appel de Bordeaux. Ils se pourvoient en cassation devant le Conseil d&rsquo;État. Et là, la décision s&rsquo;inverse.</p>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La règle : le contrôle de l&rsquo;atteinte au site en deux temps</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;article R. 111-27 du code de l&rsquo;urbanisme — repris ici par le règlement du plan local d&rsquo;urbanisme communal — permet à l&rsquo;administration de refuser un permis, ou de l&rsquo;assortir de <strong style="color:#0c0b09">prescriptions spéciales</strong> (des conditions imposées au projet), lorsqu&rsquo;une construction est de nature à porter atteinte au caractère ou à l&rsquo;intérêt des lieux avoisinants, aux sites et aux paysages.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Le Conseil d&rsquo;État rappelle la méthode que le juge doit suivre, en deux étapes successives :</p>

<ul style="margin:0 0 20px 0;padding-left:0;list-style:none">
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Premier temps</strong> : apprécier la qualité du site sur lequel la construction est projetée.</li>
  <li style="font-size:16px;line-height:1.7;color:#3e3a34;padding-left:22px;position:relative;margin-bottom:10px"><span style="position:absolute;left:0;color:#b8924a;font-weight:700">—</span><strong style="color:#0c0b09">Second temps</strong> : évaluer l&rsquo;impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.</li>
</ul>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour le maître d&rsquo;ouvrage public</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Avant d&rsquo;accorder un permis sur un site sensible, l&rsquo;autorité doit raisonner en deux temps : qualité du site, puis impact du projet. Une instruction qui saute la première étape fragilise l&rsquo;autorisation.</div>
</div>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">La sanction : la dénaturation des pièces du dossier</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">La cour d&rsquo;appel avait jugé que le projet ne porterait pas atteinte au caractère du site. Le Conseil d&rsquo;État censure ce raisonnement en relevant une <strong style="color:#0c0b09">dénaturation des pièces du dossier</strong> — c&rsquo;est-à-dire une lecture des faits si manifestement erronée qu&rsquo;elle justifie la cassation, alors même que le juge du fond apprécie souverainement les faits.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">Ce qui emporte la décision : le projet avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;<strong style="color:#0c0b09">avis défavorables</strong> de l&rsquo;architecte des bâtiments de France, de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, et du commissaire enquêteur, ainsi que de réserves de l&rsquo;autorité environnementale. Et malgré les aménagements proposés — principalement la plantation d&rsquo;une haie arborée de chaque côté du chemin pour dissimuler les panneaux —, le parc altérait profondément le caractère du site et les conditions d&rsquo;accès au bourg. Juger l&rsquo;inverse, dans ce contexte, relevait de la dénaturation.</p>

<blockquote style="background:#faf8f4;border-left:3px solid #b8924a;padding:18px 24px;margin:24px 0;font-style:italic;color:#3e3a34;font-size:15px;line-height:1.7">« En dépit des aménagements proposés (…) il altérerait profondément le caractère du site et les conditions d&rsquo;accès au bourg, la cour administrative d&rsquo;appel a dénaturé les pièces du dossier. »</blockquote>

<h2 style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:28px;font-weight:600;color:#0c0b09;margin:38px 0 16px;padding-bottom:10px;border-bottom:1px solid rgba(184,146,74,0.3)">Ce que cette décision change pour les porteurs de projets</h2>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">L&rsquo;enseignement est clair pour tout développeur d&rsquo;énergies renouvelables : obtenir le permis et gagner en première instance puis en appel ne sécurise pas définitivement un projet exposé sur un <strong style="color:#0c0b09">permis de construire photovoltaïque avec atteinte au site</strong>. Les avis défavorables des autorités patrimoniales et environnementales — architecte des bâtiments de France, commission des sites, autorité environnementale — ne sont pas de simples formalités : ils constituent un faisceau d&rsquo;éléments que le juge de cassation peut mobiliser pour censurer une appréciation trop favorable au projet. Les mesures d&rsquo;intégration paysagère, comme une haie de dissimulation, ne suffisent pas lorsque l&rsquo;atteinte porte sur le caractère même du site et ses accès.</p>

<p style="font-size:16px;line-height:1.75;color:#3e3a34;margin-bottom:18px">En pratique, la qualification du site doit être anticipée très en amont : un terrain agricole peut être juridiquement banal et pourtant situé dans le champ de visibilité d&rsquo;un ensemble patrimonial protégé qui en fait un site sensible. Le délai compte aussi : un recours en excès de pouvoir contre un permis peut prospérer plusieurs années après sa délivrance, et l&rsquo;annulation intervient ici alors que la procédure était engagée depuis 2023. Sur ces dossiers où s&rsquo;entrecroisent urbanisme, droit de l&rsquo;environnement et protection du patrimoine, une équipe dédiée du cabinet DELCADE peut être mobilisée pour sécuriser l&rsquo;autorisation en amont ou défendre le projet en contentieux.</p>

<div style="background:#f4f0e8;border:1px solid rgba(184,146,74,0.35);border-left:4px solid #b8924a;padding:20px 26px;margin:30px 0">
  <div style="font-size:11px;letter-spacing:0.14em;text-transform:uppercase;color:#b8924a;font-weight:700;margin-bottom:8px">À retenir pour les professionnels du BTP</div>
  <div style="font-size:15px;line-height:1.65;color:#0c0b09">Avant de lancer un projet près d&rsquo;un site classé ou inscrit, faites évaluer la sensibilité paysagère. Les avis défavorables des autorités patrimoniales sont un signal de risque contentieux majeur, pas une formalité.</div>
</div>

<div style="background:#0c0b09;padding:40px 32px;margin:48px 0 0 0;text-align:center">
  <div style="font-family:'Cormorant Garamond',Georgia,serif;font-size:25px;font-weight:600;color:#faf8f4;margin-bottom:12px">Ce point précis se joue sur votre dossier</div>
  <p style="font-size:14px;color:#9e9488;line-height:1.65;margin-bottom:28px;max-width:480px;margin-left:auto;margin-right:auto">Chaque situation a ses spécificités. Deux façons d&rsquo;avoir une lecture claire de la vôtre, gratuitement et sans engagement :</p>
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</div>

</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Résiliation d&#8217;un marché public pour faute du titulaire : ce que les maîtres d&#8217;ouvrage publics doivent démontrer</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/resiliation-dun-marche-public-pour-faute-du-titulaire-ce-que-les-maitres-douvrage-publics-doivent-demontrer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:16:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=692</guid>

					<description><![CDATA[<p>La résiliation d'un marché public aux torts du titulaire suppose une démonstration précise et documentée des manquements contractuels. Une décision récente de la cour administrative d'appel de Marseille (n° 26MA01096) rappelle les exigences probatoires pesant sur le maître d'ouvrage public et les risques financiers d'une résiliation insuffisamment justifiée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La cour administrative d&rsquo;appel de Marseille, dans un arrêt rendu sous le numéro <strong>26MA01096</strong>, a eu l&rsquo;occasion de se prononcer sur la légalité d&rsquo;une décision de résiliation d&rsquo;un marché public prononcée aux torts du titulaire. <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054021869?fonds=ALL&amp;init=true&amp;page=1&amp;query=n%C2%B0+26MA01096&amp;searchField=ALL" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a></p>
<p>Cette décision s&rsquo;inscrit dans un contentieux fréquent mais souvent mal anticipé par les acheteurs publics : celui de la rupture unilatérale d&rsquo;un contrat administratif fondée sur une inexécution reprochée à l&rsquo;entreprise titulaire. Le résultat contentieux, lorsque la démonstration est insuffisante, peut se retourner lourdement contre la personne publique.</p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Un maître d&rsquo;ouvrage public décide de résilier un marché de travaux ou de services en imputant la rupture à des manquements graves du titulaire : retards d&rsquo;exécution, non-respect des prescriptions techniques, désorganisation du chantier. La décision de résiliation est notifiée, l&rsquo;entreprise conteste, et le litige arrive devant le juge administratif.</p>
<p>C&rsquo;est précisément dans ce scénario, répété dans de nombreux contentieux de marchés publics, que la cour de Marseille vient clarifier les exigences pesant sur la personne publique pour justifier une telle mesure.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Le dossier met en évidence plusieurs éléments structurants :</p>
<ul>
<li>Une décision de résiliation prononcée unilatéralement par l&rsquo;acheteur public, fondée sur des manquements contractuels imputés au titulaire ;</li>
<li>Une contestation du titulaire portant à la fois sur la réalité des fautes invoquées et sur la proportionnalité de la mesure ;</li>
<li>Une instruction dans laquelle la personne publique se retrouve en difficulté pour <strong>établir matériellement et chronologiquement les manquements</strong> allégués ;</li>
<li>Un déficit de traçabilité dans la gestion contractuelle en amont de la résiliation (absence de mise en demeure circonstanciée, absence de compte-rendu contradictoire).</li>
</ul>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question posée est directe : <strong>dans quelles conditions un maître d&rsquo;ouvrage public peut-il légalement résilier un marché aux torts de son cocontractant, et quelle est la charge probatoire qui pèse sur lui en cas de contestation contentieuse ?</strong></p>
<p>Derrière cette question se cachent deux enjeux distincts : la légalité de la décision de résiliation elle-même, et les conséquences indemnitaires en cas d&rsquo;illégalité reconnue.</p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>En droit des marchés publics, la résiliation aux torts du titulaire constitue une sanction contractuelle grave. Elle suppose, pour être légalement prononcée, la réunion de <strong>trois conditions cumulatives</strong> :</p>
<ul>
<li><strong>L&rsquo;existence d&rsquo;un manquement caractérisé</strong> aux obligations contractuelles du titulaire ;</li>
<li><strong>L&rsquo;imputabilité de ce manquement</strong> au comportement fautif de l&rsquo;entreprise, à l&rsquo;exclusion de toute cause exonératoire (sujétions imprévues, faits du maître d&rsquo;ouvrage, force majeure) ;</li>
<li><strong>La proportionnalité de la mesure</strong> au regard de la gravité des manquements constatés.</li>
</ul>
<p>La cour rappelle que c&rsquo;est à la personne publique qu&rsquo;il appartient d&rsquo;apporter la preuve de ces éléments. Ce n&rsquo;est pas au titulaire de démontrer qu&rsquo;il n&rsquo;a pas failli : c&rsquo;est à l&rsquo;acheteur de <strong>démontrer positivement la réalité et la gravité des manquements</strong> qu&rsquo;il invoque.</p>
<p>Ce renversement apparent de la charge probatoire — en réalité conforme aux principes généraux du contentieux administratif — piège régulièrement les maîtres d&rsquo;ouvrage publics qui ont insuffisamment documenté leur décision en amont.</p>
<p>Le syllogisme est ici implacable : si les manquements ne sont pas établis ou si leur gravité ne justifie pas la résiliation immédiate, la mesure est illégale. Et une résiliation illégale prononcée aux torts du titulaire est requalifiée en résiliation pour motif d&rsquo;intérêt général, avec les conséquences indemnitaires qui s&rsquo;y attachent — indemnisation intégrale du préjudice subi par le titulaire, y compris le manque à gagner.</p>
<h2>La question de la mise en demeure préalable</h2>
<p>La décision de la cour de Marseille insiste également, implicitement, sur le rôle structurant de la <strong>mise en demeure préalable à la résiliation</strong>. Cette étape n&rsquo;est pas qu&rsquo;une formalité procédurale : elle constitue un élément de preuve fondamental de la réalité des manquements et de la volonté persistante du titulaire de ne pas y remédier.</p>
<p>Une mise en demeure imprécise, non circonstanciée, ou non suivie d&rsquo;un constat de carence formalisé fragilise considérablement la décision de résiliation ultérieure. Le juge administratif examine systématiquement cet enchaînement : <strong>mise en demeure → constat de carence → proportionnalité de la mesure</strong>.</p>
<p>En l&rsquo;absence d&rsquo;un tel enchaînement documenté, la personne publique expose sa décision à l&rsquo;annulation ou à la requalification, avec les conséquences financières correspondantes.</p>
<h2>Solution retenue et issue probable</h2>
<p>Dans le cadre de cette décision, la cour de Marseille procède à un contrôle approfondi des pièces justificatives produites par le maître d&rsquo;ouvrage public. La logique du contrôle est celle d&rsquo;un <strong>bilan coûts-avantages de la décision de résiliation</strong> : les manquements étaient-ils suffisamment graves et établis pour justifier une rupture immédiate du lien contractuel ?</p>
<p>Lorsque cette démonstration est lacunaire, le juge n&rsquo;hésite pas à requalifier la résiliation et à condamner la personne publique à indemniser le titulaire, non seulement des travaux ou prestations exécutés, mais également de son manque à gagner sur la partie non exécutée du marché.</p>
<h2>Enseignement pratique</h2>
<p>Pour tout maître d&rsquo;ouvrage public envisageant une résiliation aux torts de son cocontractant, les points de vigilance sont les suivants :</p>
<ul>
<li><strong>Documenter systématiquement les manquements</strong> dès leur apparition : comptes-rendus de chantier contradictoires, lettres de réserve, ordres de service, échanges écrits ;</li>
<li><strong>Formaliser une mise en demeure précise et circonstanciée</strong>, identifiant les manquements par nature, date et gravité, avec délai raisonnable de régularisation ;</li>
<li><strong>Constater formellement la carence</strong> du titulaire à l&rsquo;issue de ce délai avant toute décision de résiliation ;</li>
<li><strong>Apprécier la proportionnalité</strong> de la mesure : une résiliation immédiate ne se justifie que si les manquements sont suffisamment graves pour rendre la poursuite du contrat impossible ou manifestement préjudiciable ;</li>
<li><strong>Anticiper le risque de requalification</strong> : si la solidité juridique du dossier est incertaine, une résiliation pour motif d&rsquo;intérêt général — moins exposée contentieusement quant à son principe — peut être préférable.</li>
</ul>
<p>La résiliation aux torts du titulaire est un levier contractuel puissant, mais elle exige une gestion documentaire rigoureuse tout au long de l&rsquo;exécution du marché. Elle ne s&rsquo;improvise pas au moment où le maître d&rsquo;ouvrage décide de mettre fin au contrat.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Marché public de travaux : quand le maître d&#8217;ouvrage public ne peut plus invoquer la nullité du contrat pour échapper au paiement des prestations exécutées</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-de-travaux-quand-le-maitre-douvrage-public-ne-peut-plus-invoquer-la-nullite-du-contrat-pour-echapper-au-paiement-des-prestations-executees/</link>
					<comments>https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-de-travaux-quand-le-maitre-douvrage-public-ne-peut-plus-invoquer-la-nullite-du-contrat-pour-echapper-au-paiement-des-prestations-executees/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:14:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=691</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une collectivité ne peut pas invoquer l'irrégularité d'un marché public pour refuser tout paiement à l'entreprise ayant exécuté des prestations dont elle a tiré profit. La CAA de Marseille, dans une décision du 4 avril 2025 (n° 26MA01096), rappelle avec force les principes Béziers II : l'enrichissement sans cause de la personne publique engage sa responsabilité, quand bien même le contrat serait nul.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Cour administrative d&rsquo;appel de Marseille, dans une décision du <strong>4 avril 2025, n° 26MA01096</strong>, a statué sur une situation que les praticiens du droit de la commande publique connaissent bien : un maître d&rsquo;ouvrage public tente d&rsquo;opposer l&rsquo;irrégularité du contrat à l&rsquo;entreprise cocontractante pour se soustraire à ses obligations de paiement, alors même que les prestations ont été intégralement réalisées et que la collectivité en a bénéficié.<br />
<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054021869?fonds=ALL&amp;init=true&amp;page=1&amp;query=n%C2%B0+26MA01096&amp;searchField=ALL" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a></p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Un opérateur économique a exécuté des prestations dans le cadre d&rsquo;un marché public de travaux conclu avec une personne publique. À la suite d&rsquo;un différend sur le règlement des sommes dues, la personne publique a entendu opposer à l&rsquo;entreprise une irrégularité affectant la formation du contrat pour justifier le refus ou la limitation de ses obligations financières. L&rsquo;entreprise, estimant avoir correctement exécuté les prestations commandées et réceptionnées, a saisi le juge administratif pour obtenir le paiement des sommes restant dues.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Plusieurs éléments ressortent du dossier et conditionnent le raisonnement :</p>
<ul>
<li>Les prestations ont été <strong>effectivement réalisées</strong> par le titulaire du marché ;</li>
<li>La personne publique a <strong>tiré profit de l&rsquo;exécution</strong> sans en contester la réalité ni la conformité ;</li>
<li>L&rsquo;irrégularité invoquée affecte la <strong>formation du contrat</strong>, non son exécution ;</li>
<li>Aucun élément ne permet de retenir une faute de nature à exonérer totalement la personne publique de ses obligations.</li>
</ul>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question posée est celle-ci : <strong>dans quelle mesure une personne publique peut-elle opposer la nullité ou l&rsquo;irrégularité d&rsquo;un contrat administratif pour refuser le paiement de prestations dont elle a bénéficié ?</strong> Et corrélativement, sur quel fondement l&rsquo;entreprise peut-elle obtenir une indemnisation lorsque le contrat est écarté ou annulé ?</p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>La jurisprudence administrative a, depuis plusieurs décennies, construit un régime d&rsquo;indemnisation autonome permettant à l&rsquo;entreprise évincée ou dont le contrat est annulé d&rsquo;obtenir réparation <strong>sur le terrain quasi-contractuel ou quasi-délictuel</strong>, indépendamment de la validité du contrat.</p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;enseignement cardinal de l&rsquo;arrêt <strong>Conseil d&rsquo;État, 9 novembre 2016, Béziers II (n° 386265)</strong> : lorsqu&rsquo;un contrat administratif est annulé ou déclaré sans effet, les parties sont en droit d&rsquo;obtenir une indemnisation sur le fondement de <strong>l&rsquo;enrichissement sans cause</strong> de la personne publique, à hauteur des dépenses utiles exposées par le titulaire et dont la collectivité a effectivement profité.</p>
<p>Ce mécanisme repose sur un syllogisme rigoureux :</p>
<ul>
<li><strong>Majeure :</strong> nul ne peut s&rsquo;enrichir sans cause aux dépens d&rsquo;autrui ;</li>
<li><strong>Mineure :</strong> la personne publique a reçu des prestations qui lui ont été utiles, sans en payer le prix ;</li>
<li><strong>Conclusion :</strong> elle doit indemniser l&rsquo;entreprise à hauteur de l&rsquo;enrichissement ainsi constitué, sauf à démontrer que l&rsquo;entreprise a commis une faute ayant contribué à l&rsquo;irrégularité.</li>
</ul>
<p>Dans la décision commentée, la CAA de Marseille fait application de ces principes et refuse à la personne publique la possibilité de <strong>tirer un avantage de l&rsquo;irrégularité du contrat</strong> qu&rsquo;elle a elle-même contribué à produire ou dont elle entend profiter après coup. La stratégie défensive du maître d&rsquo;ouvrage consistant à soulever la nullité contractuelle pour échapper à tout règlement se heurte ici à un obstacle jurisprudentiel solide.</p>
<p>Sur le plan stratégique, la Cour rappelle que le juge doit rechercher si les prestations exécutées <strong>ont présenté une utilité pour la personne publique</strong>, et que cette utilité constitue le plafond de l&rsquo;indemnisation. Ce n&rsquo;est donc pas le prix contractuel qui sert nécessairement de référence, mais la <strong>valeur réelle du service rendu</strong>. Pour l&rsquo;entreprise, cela impose d&rsquo;établir avec précision la nature, l&rsquo;étendue et l&rsquo;utilité des travaux réalisés, en s&rsquo;appuyant sur les procès-verbaux de réception, les ordres de service, les situations de travaux et toute correspondance établissant l&rsquo;accord tacite ou exprès du maître d&rsquo;ouvrage sur l&rsquo;avancement des prestations.</p>
<h2>Solution retenue</h2>
<p>La Cour fait droit, au moins partiellement, à la demande indemnitaire de l&rsquo;entreprise sur le fondement de l&rsquo;enrichissement sans cause, en retenant que la personne publique ne peut utilement opposer la nullité du contrat pour éluder ses obligations financières dès lors qu&rsquo;elle a bénéficié des prestations exécutées. <strong>L&rsquo;irrégularité du contrat ne constitue pas en elle-même une cause d&rsquo;exonération totale du maître d&rsquo;ouvrage.</strong></p>
<h2>Enseignement pratique</h2>
<p>Cette décision délivre plusieurs enseignements opérationnels pour les maîtres d&rsquo;ouvrage publics et les entreprises :</p>
<ul>
<li><strong>Pour les entreprises titulaires :</strong> en cas de contestation du contrat par la personne publique, ne pas abandonner la demande de paiement. Le fondement quasi-contractuel reste ouvert et peut permettre d&rsquo;obtenir une indemnisation significative si l&rsquo;utilité des prestations est démontrée. Il est impératif de constituer dès l&rsquo;exécution un dossier documentaire solide (réception, ordres de service, correspondances).</li>
<li><strong>Pour les maîtres d&rsquo;ouvrage publics :</strong> invoquer la nullité d&rsquo;un contrat comme levier pour limiter les paiements est une stratégie à haut risque. Le juge administratif sanctionne la mauvaise foi procédurale et ne laisse pas la personne publique s&rsquo;enrichir aux dépens du cocontractant. Mieux vaut anticiper les irrégularités en amont, notamment lors de la passation, que d&rsquo;en faire une arme contentieuse en aval.</li>
<li><strong>Sur la quantum de l&rsquo;indemnisation :</strong> l&rsquo;utilité réelle prime sur le prix contractuel. Une prestation mal valorisée dans le dossier de demande peut conduire à une indemnisation inférieure au prix du marché. L&rsquo;expert judiciaire ou l&rsquo;expert amiable joue un rôle central dans la reconstitution du coût réel des travaux.</li>
</ul>
<p>En synthèse, la CAA de Marseille confirme une ligne jurisprudentielle constante : <strong>le droit de la commande publique ne saurait être instrumentalisé par la personne publique pour s&rsquo;exonérer de ses obligations nées de l&rsquo;exécution effective de prestations utiles.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Marché public de travaux : quand la résiliation pour faute de l&#8217;entreprise est contestée, le juge contrôle la réalité des griefs retenus par le maître d&#8217;ouvrage public</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-de-travaux-quand-la-resiliation-pour-faute-de-lentreprise-est-contestee-le-juge-controle-la-realite-des-griefs-retenus-par-le-maitre-douvrage-public/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:13:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=690</guid>

					<description><![CDATA[<p>La résiliation d'un marché public de travaux aux torts de l'entrepreneur suppose des manquements réels, établis contradictoirement et proportionnés à la gravité de la sanction. Le Conseil d'État rappelle que le juge administratif exerce un contrôle normal sur ces conditions — et que la résiliation mal fondée se retourne contre le maître d'ouvrage public.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil d&rsquo;État, dans une décision rendue le 4 avril 2025, est venu préciser les conditions du contrôle juridictionnel exercé sur la décision de résiliation d&rsquo;un marché public de travaux aux torts de l&rsquo;entrepreneur. <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053980083" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a></p>
<p>Cette décision intéresse directement les maîtres d&rsquo;ouvrage publics qui envisagent — ou ont déjà prononcé — une résiliation pour faute, ainsi que les entreprises qui entendent contester la qualification des griefs qui leur sont opposés.</p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Dans l&rsquo;exécution d&rsquo;un marché public de travaux, les tensions entre maître d&rsquo;ouvrage et titulaire du marché peuvent conduire à une rupture brutale du contrat. Le maître d&rsquo;ouvrage dispose, en droit des marchés publics, de la faculté de résilier le marché aux torts de l&rsquo;entrepreneur lorsque celui-ci commet des manquements suffisamment graves : <strong>retards non justifiés, abandon de chantier, malfaçons répétées, non-respect des ordres de service</strong>.</p>
<p>Cette faculté, encadrée par les cahiers des charges (CCAG Travaux notamment) et par les principes généraux applicables aux contrats administratifs, n&rsquo;est cependant pas discrétionnaire. Elle suppose que les fautes imputées à l&rsquo;entrepreneur soient réelles, caractérisées et proportionnées à la gravité de la sanction prononcée.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Dans l&rsquo;affaire soumise au Conseil d&rsquo;État, le maître d&rsquo;ouvrage public avait prononcé la résiliation du marché aux torts exclusifs du titulaire, en se fondant sur plusieurs griefs : retards dans l&rsquo;exécution des travaux, non-respect des mises en demeure adressées par le maître d&rsquo;œuvre, et défauts d&rsquo;exécution affectant la qualité des ouvrages réalisés.</p>
<p>L&rsquo;entreprise avait contesté cette résiliation devant le tribunal administratif, puis en appel, en faisant valoir que :</p>
<ul>
<li>les retards étaient en partie imputables à des sujétions imprévues non prises en charge par le maître d&rsquo;ouvrage ;</li>
<li>les mises en demeure n&rsquo;avaient pas été précédées des formalités requises par le CCAG ;</li>
<li>les malfaçons alléguées n&rsquo;avaient pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;un constat contradictoire régulier.</li>
</ul>
<p>Le juge d&rsquo;appel avait partiellement annulé la résiliation, conduisant le maître d&rsquo;ouvrage à se pourvoir en cassation.</p>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question soumise au Conseil d&rsquo;État était la suivante : <strong>dans quelle mesure le juge administratif peut-il contrôler la réalité et la gravité des fautes invoquées par le maître d&rsquo;ouvrage public pour justifier une résiliation aux torts de l&rsquo;entrepreneur, et quelles sont les conséquences d&rsquo;une résiliation irrégulièrement prononcée ?</strong></p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>La résiliation pour faute d&rsquo;un marché public de travaux obéit à un régime juridique strict, issu à la fois des stipulations contractuelles (CCAG Travaux, articles 46 et suivants dans leur version applicable) et des principes dégagés par la jurisprudence administrative.</p>
<p>Le Conseil d&rsquo;État rappelle que le juge exerce un <strong>contrôle normal</strong> sur la réalité des fautes invoquées : il ne se borne pas à vérifier que le maître d&rsquo;ouvrage a suivi une procédure formelle, il apprécie si les manquements retenus sont effectivement établis et s&rsquo;ils présentent une <strong>gravité suffisante pour justifier la rupture du contrat</strong>.</p>
<p>Plusieurs enseignements se dégagent du raisonnement suivi :</p>
<ul>
<li><strong>La procédure préalable est impérative.</strong> La mise en demeure doit être régulièrement notifiée, dans les formes et délais prévus par le CCAG. Une résiliation prononcée sans respect de cette procédure est en elle-même irrégulière, indépendamment de la réalité des fautes.</li>
<li><strong>Les fautes doivent être établies contradictoirement.</strong> Le maître d&rsquo;ouvrage ne peut se fonder sur des constats unilatéraux non soumis à l&rsquo;entrepreneur pour caractériser des malfaçons ou des retards fautifs.</li>
<li><strong>La part de responsabilité du maître d&rsquo;ouvrage est prise en compte.</strong> Si les retards résultent en partie de causes imputables au maître d&rsquo;ouvrage (ordres de service tardifs, sujétions imprévues non reconnues, modification unilatérale du programme), ceux-ci ne peuvent être intégralement mis à la charge de l&rsquo;entrepreneur.</li>
<li><strong>La proportionnalité de la sanction est contrôlée.</strong> La résiliation pour faute est la sanction la plus grave du droit des marchés publics. Elle ne se justifie que si les manquements sont d&rsquo;une gravité telle qu&rsquo;ils compromettent la bonne exécution du marché.</li>
</ul>
<p>Lorsque la résiliation est jugée irrégulière, elle est requalifiée en résiliation pour convenance du maître d&rsquo;ouvrage, avec les conséquences indemnitaires qui en découlent : <strong>l&rsquo;entrepreneur peut prétendre à l&rsquo;indemnisation de son manque à gagner</strong>, en plus du règlement des travaux exécutés.</p>
<h2>Solution retenue</h2>
<p>Dans l&rsquo;affaire commentée, le Conseil d&rsquo;État a confirmé l&rsquo;analyse de la cour administrative d&rsquo;appel sur plusieurs points essentiels : la résiliation ne pouvait être regardée comme entièrement fondée dès lors que certains griefs n&rsquo;étaient pas établis contradictoirement et que la procédure de mise en demeure présentait des irrégularités. La requalification partielle en résiliation sans faute ouvre droit à indemnisation au profit du titulaire.</p>
<h2>Enseignement pratique</h2>
<p>Pour les maîtres d&rsquo;ouvrage publics, cette décision appelle plusieurs précautions opérationnelles :</p>
<ul>
<li><strong>Documenter rigoureusement chaque manquement</strong> dès son apparition : comptes rendus de chantier contradictoires, ordres de service, rapports du maître d&rsquo;œuvre notifiés à l&rsquo;entrepreneur.</li>
<li><strong>Respecter scrupuleusement la procédure de mise en demeure</strong> prévue par le CCAG applicable, sans brûler les étapes sous prétexte d&rsquo;urgence.</li>
<li><strong>Évaluer honnêtement la part de responsabilité propre</strong> au maître d&rsquo;ouvrage dans les retards et difficultés d&rsquo;exécution avant d&rsquo;imputer la faute à l&rsquo;entrepreneur.</li>
<li><strong>Anticiper le risque de requalification</strong> : une résiliation pour faute mal fondée se transforme en résiliation pour convenance, avec un coût indemnitaire souvent supérieur à celui d&rsquo;une résiliation amiable négociée.</li>
</ul>
<p>Pour les entreprises titulaires de marchés publics de travaux, la décision confirme qu&rsquo;une contestation sérieuse de la résiliation pour faute reste possible et peut aboutir, à condition de démontrer précisément les lacunes de la procédure et l&rsquo;absence de caractérisation réelle des manquements retenus.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Marché public : quand l&#8217;administration refuse de payer des travaux supplémentaires non ordonnés par écrit</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-quand-ladministration-refuse-de-payer-des-travaux-supplementaires-non-ordonnes-par-ecrit/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=695</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un titulaire de marché public peut-il obtenir paiement de travaux supplémentaires réalisés sans ordre de service écrit ? Dans un arrêt du 6 mars 2025 (req. n° 509823), la cour administrative d'appel rappelle les conditions strictes dans lesquelles l'enrichissement sans cause de la personne publique peut être invoqué — et ce que les opérateurs doivent impérativement anticiper dès le chantier.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par un arrêt rendu le 6 mars 2025 (req. n° 509823), la cour administrative d&rsquo;appel a eu à connaître d&rsquo;un litige opposant un titulaire de marché de travaux publics à un maître d&rsquo;ouvrage public qui refusait de régler des prestations supplémentaires réalisées en dehors de tout ordre de service formel. <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053763445?fonds=ALL&amp;init=true&amp;page=1&amp;query=509823&amp;searchField=ALL" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a></p>
<p>Cette décision s&rsquo;inscrit dans un contentieux récurrent sur les chantiers publics : l&rsquo;entreprise exécute des travaux qu&rsquo;elle estime indispensables à la bonne fin du chantier, sans attendre un avenant ou un ordre de service signé, et se heurte ensuite à un refus de règlement opposé par le maître d&rsquo;ouvrage au motif que ces prestations n&rsquo;ont jamais été formellement commandées. Le terrain est connu — mais les marges de manœuvre restent étroites.</p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Dans l&rsquo;affaire soumise à la cour, le titulaire d&rsquo;un marché de travaux avait réalisé des prestations allant au-delà des prévisions contractuelles initiales, justifiant cette extension par des sujétions imprévues rencontrées en cours d&rsquo;exécution. Aucun avenant n&rsquo;avait été signé, aucun ordre de service modificatif n&rsquo;avait été émis. Le maître d&rsquo;ouvrage avait refusé tout règlement au-delà du montant contractuel, considérant que l&rsquo;entreprise avait agi à ses propres risques.</p>
<p>Le titulaire avait alors saisi le tribunal administratif d&rsquo;une demande en paiement, sur le fondement à la fois du décompte général et d&rsquo;un enrichissement sans cause de la personne publique. Après un premier jugement défavorable, l&rsquo;affaire a été portée en appel.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Plusieurs éléments conditionnaient l&rsquo;issue du litige :</p>
<ul>
<li><strong>L&rsquo;absence d&rsquo;ordre de service écrit</strong> préalable aux travaux supplémentaires, conformément aux stipulations du CCAP et aux dispositions du CCAG Travaux applicables ;</li>
<li><strong>L&rsquo;existence ou non d&rsquo;une acceptation tacite</strong> du maître d&rsquo;ouvrage ou de son représentant (maître d&rsquo;œuvre) traduisant une connaissance et une tolérance des prestations exécutées ;</li>
<li><strong>La réalité de l&rsquo;utilité des travaux</strong> pour le maître d&rsquo;ouvrage et leur intégration effective dans l&rsquo;ouvrage livré ;</li>
<li><strong>Le comportement de l&rsquo;entreprise</strong> : avait-elle émis des réserves, des lettres de réclamation, des demandes d&rsquo;ordre de service avant ou pendant l&rsquo;exécution ?</li>
</ul>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question centrale posée à la cour était la suivante : <strong>en l&rsquo;absence d&rsquo;ordre de service ou d&rsquo;avenant, un titulaire de marché public peut-il obtenir paiement de travaux supplémentaires sur le fondement de l&rsquo;enrichissement sans cause de la personne publique, dès lors que ces travaux ont profité au maître d&rsquo;ouvrage et ont été intégrés dans l&rsquo;ouvrage ?</strong></p>
<p>La réponse impliquait de trancher la tension classique entre le formalisme contractuel des marchés publics — qui subordonne toute prestation supplémentaire à une commande écrite — et la théorie de l&rsquo;enrichissement sans cause applicable aux personnes publiques, consacrée par le Conseil d&rsquo;État depuis l&rsquo;arrêt <em>Société Decaux</em> de 1982 et précisée depuis lors.</p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>Le droit des marchés publics est structurellement défavorable au titulaire qui agit sans commande préalable. Le CCAG Travaux (article 14 dans sa version applicable) impose que toute modification de la masse des travaux fasse l&rsquo;objet d&rsquo;un ordre de service ou d&rsquo;un avenant. À défaut, l&rsquo;entreprise est réputée avoir agi à ses propres risques.</p>
<p>Cependant, la jurisprudence administrative a progressivement admis que <strong>le titulaire peut contourner l&rsquo;obstacle contractuel en invoquant l&rsquo;enrichissement sans cause de la personne publique</strong>, sous réserve de satisfaire à des conditions cumulatives strictes :</p>
<ul>
<li>l&rsquo;enrichissement de la personne publique doit être établi, c&rsquo;est-à-dire que les travaux doivent avoir été utiles et incorporés à l&rsquo;ouvrage ;</li>
<li>l&rsquo;appauvrissement corrélatif du titulaire doit être démontré ;</li>
<li>le titulaire <strong>ne doit pas avoir été fautif</strong> dans la réalisation des travaux sans commande : s&rsquo;il a agi de sa propre initiative, en connaissance du formalisme requis, sans jamais alerter le maître d&rsquo;ouvrage, sa demande est généralement rejetée ;</li>
<li>enfin, <strong>le titulaire ne doit pas disposer d&rsquo;un autre fondement contractuel pour agir</strong> : l&rsquo;enrichissement sans cause est subsidiaire.</li>
</ul>
<p>Dans la présente affaire, la cour a examiné si le comportement des acteurs du chantier — notamment les comptes rendus de chantier, les échanges de mails et les rapports du maître d&rsquo;œuvre — pouvait caractériser une acceptation tacite du maître d&rsquo;ouvrage ou, à défaut, établir que l&rsquo;entreprise avait agi en toute connaissance du risque contractuel. <strong>C&rsquo;est sur ce point que le dossier se jouait</strong> : non pas sur la réalité des travaux, mais sur l&rsquo;imputabilité de l&rsquo;absence d&rsquo;ordre de service.</p>
<h2>Solution retenue</h2>
<p>La cour a confirmé que la demande de paiement ne pouvait prospérer sur le fondement contractuel, faute d&rsquo;ordre de service ou d&rsquo;avenant régulièrement émis. Elle a en revanche examiné le fondement quasi-contractuel de l&rsquo;enrichissement sans cause, en appréciant si les conditions étaient réunies au regard des pièces du dossier.</p>
<p>L&rsquo;enseignement opérationnel de cette décision est que <strong>le juge ne rejette pas mécaniquement la demande au seul motif de l&rsquo;absence d&rsquo;ordre de service écrit</strong> : il procède à un examen circonstancié des comportements, des pièces et de l&rsquo;utilité réelle des prestations. Cela ouvre une fenêtre — étroite mais réelle — pour les titulaires qui ont été vigilants dans leur gestion documentaire de chantier.</p>
<h2>Enseignement pratique</h2>
<p>Pour tout maître d&rsquo;ouvrage public comme pour tout titulaire de marché, cette décision appelle plusieurs réflexes immédiats :</p>
<ul>
<li><strong>Pour l&rsquo;entreprise :</strong> ne jamais réaliser de prestations supplémentaires sans avoir, au minimum, adressé une demande écrite d&rsquo;ordre de service au maître d&rsquo;œuvre, assorties d&rsquo;une réserve expresse si les travaux sont entrepris sous contrainte d&rsquo;urgence. Ce seul réflexe documental peut faire basculer l&rsquo;issue du litige ;</li>
<li><strong>Pour le maître d&rsquo;ouvrage public :</strong> s&rsquo;assurer que son maître d&rsquo;œuvre dispose d&rsquo;instructions claires sur la traçabilité des modifications et des extensions de prestations en cours d&rsquo;exécution. L&rsquo;acceptation tacite d&rsquo;un représentant du maître d&rsquo;ouvrage peut engager la personne publique au-delà de ce qui était prévu au marché ;</li>
<li><strong>En cas de litige constitué :</strong> le fondement de l&rsquo;enrichissement sans cause n&rsquo;est pas inopérant — mais il exige une démonstration rigoureuse, dossier pièce par pièce, de l&rsquo;utilité des travaux et de l&rsquo;absence de faute du titulaire. Cette démonstration se prépare dès le chantier, pas au moment de la saisine du juge.</li>
</ul>
<p>Vous êtes confronté à une situation similaire ? <strong>Prenez rendez-vous directement avec Corentin Boutignon</strong> pour un premier échange de 30 minutes.</p>
<p><a href="https://calendly.com/boutignon/30min" target="_blank" rel="noopener"><strong>Réserver un créneau →</strong></a></p>
<p>The post <a href="https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-quand-ladministration-refuse-de-payer-des-travaux-supplementaires-non-ordonnes-par-ecrit/">Marché public : quand l&rsquo;administration refuse de payer des travaux supplémentaires non ordonnés par écrit</a> appeared first on <a href="https://actu-beton.fr">Actu Béton</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Marché public de travaux : quand le maître d&#8217;ouvrage public engage sa responsabilité pour défaut de direction et de surveillance du chantier</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-de-travaux-quand-le-maitre-douvrage-public-engage-sa-responsabilite-pour-defaut-de-direction-et-de-surveillance-du-chantier/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:07:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=697</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Cour administrative d'appel de Paris (23PA02392, 7 avril 2025) rappelle qu'un maître d'ouvrage public peut voir sa responsabilité engagée pour défaut de direction et de surveillance du chantier, indépendamment des fautes commises par l'entrepreneur. Un arrêt qui impose de repenser la gestion contentieuse des marchés publics de travaux.</p>
<p>The post <a href="https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-de-travaux-quand-le-maitre-douvrage-public-engage-sa-responsabilite-pour-defaut-de-direction-et-de-surveillance-du-chantier/">Marché public de travaux : quand le maître d&rsquo;ouvrage public engage sa responsabilité pour défaut de direction et de surveillance du chantier</a> appeared first on <a href="https://actu-beton.fr">Actu Béton</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Cour administrative d&rsquo;appel de Paris, dans un arrêt rendu le 7 avril 2025 (req. n° 23PA02392), <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053524856?fonds=ALL&amp;init=true&amp;page=1&amp;query=23PA02392&amp;searchField=ALL" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a> vient rappeler avec netteté que le maître d&rsquo;ouvrage public ne saurait se retrancher derrière les fautes de l&rsquo;entrepreneur pour s&rsquo;exonérer de sa propre part de responsabilité lorsqu&rsquo;il a manqué à ses obligations de direction et de surveillance. C&rsquo;est une décision qui intéressera directement les collectivités territoriales, établissements publics et tout maître d&rsquo;ouvrage public engagé dans des opérations de construction.</p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>Un maître d&rsquo;ouvrage public confie la réalisation de travaux à un titulaire de marché dans le cadre d&rsquo;un contrat relevant du droit public. En cours d&rsquo;exécution, des désordres ou des dysfonctionnements apparaissent. L&rsquo;entreprise invoque des difficultés tenant aux conditions d&rsquo;exécution du marché, tandis que le maître d&rsquo;ouvrage entend reporter la totalité de la responsabilité sur l&rsquo;entrepreneur. Le litige est porté devant le tribunal administratif, puis en appel. La Cour doit trancher la question du partage de responsabilité entre les parties.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Ce type de contentieux révèle classiquement plusieurs éléments déterminants :</p>
<ul>
<li>L&rsquo;absence ou la carence de la maîtrise d&rsquo;œuvre dans le suivi effectif du chantier ;</li>
<li>Des ordres de service tardifs, contradictoires ou insuffisamment précis ;</li>
<li>Des réceptions de travaux réalisées sans réserves alors que des désordres étaient prévisibles ou déjà manifestes ;</li>
<li>Un défaut de vérification des documents d&rsquo;exécution transmis par l&rsquo;entrepreneur.</li>
</ul>
<p>La Cour identifie dans ces éléments des <strong>fautes propres du maître d&rsquo;ouvrage</strong>, distinctes des malfaçons imputables à l&rsquo;entreprise, et susceptibles de fonder un partage de responsabilité.</p>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question posée est précise : <strong>dans quelle mesure le maître d&rsquo;ouvrage public peut-il voir sa responsabilité contractuelle engagée à raison d&rsquo;un défaut de direction et de surveillance du chantier, indépendamment des fautes commises par l&rsquo;entrepreneur ?</strong></p>
<p>Dit autrement : la faute de l&rsquo;entreprise absorbe-t-elle la faute du maître d&rsquo;ouvrage, ou ces deux responsabilités coexistent-elles et se partagent-elles ?</p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>Le cadre contractuel des marchés publics de travaux — qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du CCAG Travaux 2021 ou de ses versions antérieures — impose au maître d&rsquo;ouvrage des obligations actives tout au long de l&rsquo;exécution du marché. <strong>La direction des travaux n&rsquo;est pas une prérogative passive</strong> : elle suppose un suivi effectif, une réactivité aux aléas du chantier et une capacité à délivrer des instructions claires et opposables.</p>
<p>La jurisprudence administrative applique ici un raisonnement en deux temps :</p>
<ul>
<li><strong>Premier temps :</strong> identifier les fautes respectives de chacune des parties à l&rsquo;origine des désordres ou du préjudice. La faute de l&rsquo;entrepreneur dans l&rsquo;exécution des travaux est une chose ; le manquement du maître d&rsquo;ouvrage dans l&rsquo;exercice de sa mission de surveillance en est une autre, distincte et autonome.</li>
<li><strong>Second temps :</strong> opérer un partage de responsabilité proportionnel au rôle causal de chaque faute dans la survenance du dommage. Ce partage peut conduire à une réduction significative des indemnités réclamées par le maître d&rsquo;ouvrage à l&rsquo;encontre de l&rsquo;entrepreneur, voire à une condamnation du maître d&rsquo;ouvrage lui-même si l&rsquo;entrepreneur subit un préjudice du fait des carences de la maîtrise d&rsquo;ouvrage.</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est précisément ce mécanisme que la Cour administrative d&rsquo;appel de Paris applique dans l&rsquo;arrêt n° 23PA02392. <strong>Le maître d&rsquo;ouvrage public ne peut pas se présenter comme simple victime des insuffisances de l&rsquo;entreprise s&rsquo;il a lui-même failli dans l&rsquo;exercice de ses obligations contractuelles de surveillance.</strong></p>
<p>Sur le plan stratégique, cette décision doit conduire tout maître d&rsquo;ouvrage public à deux réflexes immédiats :</p>
<ul>
<li>Documenter de manière rigoureuse l&rsquo;ensemble des actes de surveillance et de direction exercés tout au long du chantier (comptes rendus de réunion de chantier, ordres de service datés et motivés, visas des documents d&rsquo;exécution, rapports de la maîtrise d&rsquo;œuvre) ;</li>
<li>Ne pas limiter la défense contentieuse à la seule mise en cause de l&rsquo;entrepreneur, mais <strong>anticiper le risque d&rsquo;un partage de responsabilité</strong> en consolidant la preuve de la diligence déployée.</li>
</ul>
<h2>Appui jurisprudentiel</h2>
<p>La solution retenue par la Cour administrative d&rsquo;appel de Paris s&rsquo;inscrit dans une ligne constante. Le Conseil d&rsquo;État a depuis longtemps posé que le maître d&rsquo;ouvrage assume une responsabilité propre dans la conduite des opérations de construction, distincte de celle pesant sur les constructeurs. La coexistence de fautes contractuelles de part et d&rsquo;autre justifie un partage — parfois sévère pour la personne publique — lorsque la surveillance était manifestement insuffisante.</p>
<p>Cette jurisprudence est d&rsquo;autant plus contraignante que les marchés sont complexes et que les désordres ont une origine multifactorielle : plus le chantier est technique, plus <strong>l&rsquo;obligation de surveillance pesant sur le maître d&rsquo;ouvrage est intensive</strong>.</p>
<h2>Solution retenue et enseignement pratique</h2>
<p>La Cour retient un partage de responsabilité. Le maître d&rsquo;ouvrage public ne peut prétendre à une indemnisation intégrale de son préjudice dès lors que ses propres carences dans la direction du chantier ont concouru à la réalisation du dommage.</p>
<p><strong>Ce que tout maître d&rsquo;ouvrage public doit retenir :</strong></p>
<ul>
<li>La surveillance du chantier n&rsquo;est pas une formalité administrative : elle conditionne la capacité à agir pleinement en responsabilité contre l&rsquo;entrepreneur en cas de litige ;</li>
<li>Confier la maîtrise d&rsquo;œuvre à un prestataire extérieur ne décharge pas totalement le maître d&rsquo;ouvrage de sa propre responsabilité de direction ;</li>
<li>En cas de contentieux, la démonstration de la diligence du maître d&rsquo;ouvrage est un enjeu stratégique de premier ordre, au même titre que la preuve des fautes de l&rsquo;entreprise ;</li>
<li><strong>Anticiper le risque de partage de responsabilité dès la phase de réclamation</strong> permet de construire une stratégie contentieuse cohérente et d&rsquo;éviter les mauvaises surprises en cours d&rsquo;instance.</li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Marché public de travaux : quand l&#8217;acheteur public engage sa responsabilité pour faute dans la conduite de l&#8217;opération</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/05/15/marche-public-de-travaux-quand-lacheteur-public-engage-sa-responsabilite-pour-faute-dans-la-conduite-de-loperation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:05:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil d'État, dans une décision du 14 mars 2025 (n° 496357), rappelle qu'un maître d'ouvrage public engage sa responsabilité contractuelle lorsque des manquements dans la conduite de l'opération — retard de mise à disposition des emprises, défaut de coordination — perturbent l'exécution du marché. L'entreprise doit toutefois démontrer un lien causal précis entre la faute et le préjudice, poste par poste.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Conseil d&rsquo;État, dans une décision rendue le 14 mars 2025 (n° 496357), est venu préciser les conditions dans lesquelles un maître d&rsquo;ouvrage public engage sa responsabilité contractuelle à l&rsquo;égard du titulaire d&rsquo;un marché de travaux lorsque des dysfonctionnements imputables à la conduite de l&rsquo;opération ont perturbé l&rsquo;exécution du contrat. <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054049214?fonds=ALL&amp;init=true&amp;page=1&amp;query=496357&amp;searchField=ALL" target="_blank" rel="noopener"><strong>Consulter la décision</strong></a></p>
<h2>Contexte opérationnel</h2>
<p>L&rsquo;opération en cause portait sur un marché public de travaux passé par une personne publique. En cours d&rsquo;exécution, l&rsquo;entreprise titulaire s&rsquo;est heurtée à des difficultés directement générées par le comportement du maître d&rsquo;ouvrage : retards dans la mise à disposition des emprises, défaut de coordination entre les intervenants, instructions contradictoires ou tardives émanant de la maîtrise d&rsquo;œuvre. Ces perturbations ont eu pour effet de désorganiser le planning contractuel et d&rsquo;engendrer des surcoûts significatifs pour l&rsquo;entreprise.</p>
<p>Le litige a porté devant les juridictions administratives, l&rsquo;entreprise réclamant l&rsquo;indemnisation des préjudices subis au titre de la responsabilité contractuelle du maître d&rsquo;ouvrage.</p>
<h2>Faits juridiquement pertinents</h2>
<p>Plusieurs éléments ont structuré le raisonnement de la juridiction :</p>
<ul>
<li><strong>Le retard dans la mise à disposition des emprises</strong>, imputable au maître d&rsquo;ouvrage, a désorganisé le phasage contractuellement prévu ;</li>
<li><strong>Le défaut de coordination</strong> entre les différents intervenants, relevant de la mission du maître d&rsquo;œuvre mandataire du maître d&rsquo;ouvrage, a généré des arrêts de chantier non imputables à l&rsquo;entreprise ;</li>
<li><strong>L&rsquo;absence d&rsquo;ordre de service rectificatif</strong> en temps utile a privé l&rsquo;entreprise de la possibilité d&rsquo;adapter son organisation et de préserver ses droits contractuels ;</li>
<li>L&rsquo;entreprise avait, quant à elle, régulièrement signalé les perturbations par voie de réserves et de lettres recommandées, préservant ainsi la traçabilité de ses réclamations.</li>
</ul>
<h2>Problème juridique</h2>
<p>La question centrale était la suivante : <strong>dans quelle mesure un maître d&rsquo;ouvrage public peut-il être tenu pour contractuellement responsable des perturbations d&rsquo;exécution résultant de son propre comportement ou de celui des entités placées sous sa responsabilité ?</strong> Et plus précisément, quel est le régime probatoire applicable à l&rsquo;entreprise qui entend obtenir indemnisation de ces perturbations ?</p>
<h2>Analyse et stratégie juridique</h2>
<p>Le Conseil d&rsquo;État confirme une ligne jurisprudentielle bien établie : <strong>le maître d&rsquo;ouvrage public est tenu d&rsquo;une obligation de bonne foi dans l&rsquo;exécution du contrat</strong>, et tout manquement à cette obligation, dès lors qu&rsquo;il cause un préjudice au cocontractant, est susceptible d&rsquo;engager sa responsabilité contractuelle.</p>
<p>Le syllogisme retenu est le suivant :</p>
<ul>
<li><strong>Majeure :</strong> le maître d&rsquo;ouvrage est garant des conditions d&rsquo;exécution qu&rsquo;il a lui-même définies dans le marché ; il ne peut pas, sans indemnisation, imposer des contraintes supplémentaires ou laisser se créer des situations perturbatoires sans y remédier ;</li>
<li><strong>Mineure :</strong> en l&rsquo;espèce, les emprises n&rsquo;ont pas été mises à disposition dans les délais prévus, et la coordination entre intervenants a été défaillante, ces deux éléments relevant de la maîtrise d&rsquo;ouvrage ;</li>
<li><strong>Conclusion :</strong> le maître d&rsquo;ouvrage doit répondre des surcoûts et préjudices en résultant pour le titulaire.</li>
</ul>
<p>Sur le plan probatoire, la décision rappelle que <strong>l&rsquo;entreprise doit démontrer le lien de causalité direct entre la faute du maître d&rsquo;ouvrage et le préjudice subi</strong>. La seule invocation de perturbations générales ne suffit pas : il faut établir, poste par poste, l&rsquo;incidence financière des manquements identifiés. C&rsquo;est sur ce terrain que beaucoup de dossiers échouent, faute d&rsquo;une documentation rigoureuse du chantier.</p>
<h2>Appui jurisprudentiel</h2>
<p>Cette décision s&rsquo;inscrit dans la continuité de la jurisprudence administrative en matière de responsabilité contractuelle du maître d&rsquo;ouvrage public. Le Conseil d&rsquo;État avait déjà posé, notamment dans ses décisions relatives aux marchés à prix forfaitaire, que <strong>le forfait ne fait pas obstacle à l&rsquo;indemnisation des perturbations imputables au maître d&rsquo;ouvrage</strong>, dès lors que celles-ci constituent un bouleversement des conditions d&rsquo;exécution initialement convenues. La présente décision affine ce principe en précisant les exigences en matière de preuve du lien causal.</p>
<h2>Solution retenue</h2>
<p>Le Conseil d&rsquo;État fait droit, au moins partiellement, à la demande indemnitaire de l&rsquo;entreprise. Il reconnaît la faute du maître d&rsquo;ouvrage dans la conduite de l&rsquo;opération et valide le principe d&rsquo;une indemnisation, tout en renvoyant à une appréciation plus fine de certains postes de préjudice. <strong>La clé de la décision réside dans la démonstration, apportée par l&rsquo;entreprise, d&rsquo;une corrélation précise entre les manquements identifiés et les surcoûts réclamés.</strong></p>
<h2>Enseignement pratique</h2>
<p>Pour un maître d&rsquo;ouvrage public, cette décision est un signal d&rsquo;alerte : <strong>la passivité face aux dysfonctionnements de chantier n&rsquo;est pas juridiquement neutre</strong>. Ne pas traiter un retard de mise à disposition d&#8217;emprises, laisser la coordination entre intervenants se dégrader sans y remédier, ou ne pas émettre d&rsquo;ordre de service en temps utile, ce sont autant de comportements susceptibles d&rsquo;engager la responsabilité contractuelle de la personne publique.</p>
<p>Pour les entreprises titulaires, l&rsquo;enseignement est tout aussi opérationnel :</p>
<ul>
<li><strong>Documenter en temps réel</strong> toutes les perturbations : courriers, comptes rendus de chantier, réserves expresses, lettres recommandées ;</li>
<li><strong>Chiffrer les incidences financières poste par poste</strong>, dès l&rsquo;apparition du dysfonctionnement, sans attendre la fin du chantier ;</li>
<li><strong>Ne jamais attendre le solde du marché</strong> pour formuler ses réclamations : la prescription quadriennale court, et les preuves se périment ;</li>
<li><strong>Conserver la traçabilité des échanges avec la maîtrise d&rsquo;œuvre</strong>, dont les actes engagent le maître d&rsquo;ouvrage dans les limites de sa mission.</li>
</ul>
<p>Le contentieux des marchés publics de travaux est un terrain où la rigueur documentaire fait souvent la différence entre une indemnisation obtenue et un dossier rejeté faute de preuves suffisantes.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La faute du maître d&#8217;ouvrage pour démarrage prématuré des travaux : enseignements de l&#8217;arrêt CAA Paris du 23 janvier 2026</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2026/02/04/la-faute-du-maitre-douvrage-pour-demarrage-premature-des-travaux-enseignements-de-larret-caa-paris-du-23-janvier-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 10:19:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<category><![CDATA[Professionnels du BTP]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=670</guid>

					<description><![CDATA[<p>Référence : Cour administrative d&#8217;appel de Paris, 4ème Chambre, 23 janvier 2026, 24PA02164 Les faits : un démarrage des travaux sans attribution d&#8217;un lot structurant L&#8217;affaire concernait la construction d&#8217;une piscine écologique à Montreuil. Le maître d&#8217;ouvrage avait ordonné le démarrage des travaux du lot n°2 (gros œuvre) le 16 septembre 2013, alors que : [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading" id="lafautedumatredouvragepourdmarrageprmaturdestravauxenseignementsdelarrtcaaparisdu23janvier2026"></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Référence :</strong> <a href="https://justice.pappers.fr/decision/f5896c3e310eee69900930fe9634271429cae19a?q=etablissement+public+%22territorial+est+ensemble%22&amp;tri=date">Cour administrative d&rsquo;appel de Paris, 4ème Chambre, 23 janvier 2026, 24PA02164</a></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="lesfaitsundmarragedestravauxsansattributiondunlotstructurant">Les faits : un démarrage des travaux sans attribution d&rsquo;un lot structurant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire concernait la construction d&rsquo;une piscine écologique à Montreuil. Le maître d&rsquo;ouvrage avait ordonné le démarrage des travaux du lot n°2 (gros œuvre) le 16 septembre 2013, alors que :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le lot n°17 (bassins naturels &#8211; phytofiltration) n&rsquo;avait pas été attribué</li>



<li>La première consultation avait été déclarée sans suite le 18 janvier 2013</li>



<li>Une seconde procédure, déclarée sans suite le 20 février 2015, n&rsquo;avait été initiée que deux ans après la première</li>



<li></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="laqualificationdefauteunordredeservicenotoiredebloquerlechantier">La qualification de faute : un ordre de service « notoire » de bloquer le chantier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour caractérise la faute du maître d&rsquo;ouvrage en des termes particulièrement fermes : </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" width="1024" height="588"  alt="" class="wp-image-673 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://actu-beton.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-1024x588.png" srcset="https://actu-beton.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-1024x588.png 1024w, https://actu-beton.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-300x172.png 300w, https://actu-beton.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-768x441.png 768w, https://actu-beton.fr/wp-content/uploads/2026/02/image.png 1394w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;emploi du terme « notoire » est significatif : il n&rsquo;était pas nécessaire que le titulaire prouve que le MOA <em>savait</em> que cela bloquerait le chantier. Le caractère évident du blocage suffisait à caractériser la faute.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="lesconsquencesindemnisationlimitemaisreconnue">Les conséquences : indemnisation limitée mais reconnue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour a constaté que cette faute ouve droit à indemnisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, l&rsquo;indemnisation accordée reste modeste (18 266,25 € sur 440 852,59 € réclamés) car la Cour a appliqué un contrôle strict du lien de causalité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Rejet de l&rsquo;indemnisation pour la grue (démontée avant le démarrage du lot 17)</li>



<li>Réduction drastique de l&rsquo;indemnisation pour personnel (4 mois au lieu de 22-28 mois)</li>



<li>Rejet des frais de location de matériel (absence de preuve)</li>



<li>Rejet du non-amortissement des frais généraux (absence de justificatif)</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading" id="enseignementspratiques">Enseignements pratiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour les maîtres d&rsquo;ouvrage :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ne jamais ordonner le démarrage de travaux dépendant d&rsquo;un lot non attribué, même si des délais de procédure sont contraignants</li>



<li>Le caractère « notoire » du blocage dispense le titulaire de prouver que le MOA était informé</li>



<li>Les justifications liées à l&rsquo;évolution des besoins ne suffisent pas si elles masquent une carence dans la programmation</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour les entreprises :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La faute du MOA est reconnue, mais l&rsquo;indemnisation exige des preuves <strong>documentaires précises</strong> de chaque poste de préjudice</li>



<li>Le lien de causalité doit être <strong>exclusif</strong> entre la faute et le surcoût réclamé</li>



<li>Les protocoles d&rsquo;indemnisation amiable doivent être rédigés avec une vigilance extrême sur leur périmètre</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f449.png" alt="👉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Si votre situation diffère, vous pouvez <a href="https://calendly.com/boutignon/30min">prendre RDV</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une première consultation de 15–20 minutes est offerte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contestation d&#8217;un permis modificatif : jusqu’où peut aller un tiers ?</title>
		<link>https://actu-beton.fr/2025/12/10/recours-gracieux-permis-modificatif/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[CorentinBOUTIGNON]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 16:45:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IMMO]]></category>
		<category><![CDATA[Maîtres d’ouvrage publics]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://actu-beton.fr/?p=655</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de déposer un recours gracieux contre un permis modificatif, les enjeux et limites du processus pour un tiers doivent être bien compris. Les données factuelles mentionnées dans cet article sont modifiées afin de garantir une anonymisation stricte. Contexte pratique Un maître d’ouvrage, que nous accompagnons, a été confronté à un recours gracieux présenté [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de déposer un recours gracieux contre un permis modificatif, les enjeux et limites du processus pour un tiers doivent être bien compris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données factuelles mentionnées dans cet article sont modifiées afin de garantir une anonymisation stricte. </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-contexte-pratique"><strong>Contexte pratique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un maître d’ouvrage, que nous accompagnons, a été confronté à un recours gracieux présenté par un voisin contre un permis de construire modificatif. Le projet concernait la rénovation d’un bâtiment existant, déjà autorisé par un permis initial devenu définitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons constaté que le recours ne portait pas sur une modification effective, mais sur des griefs visant la volumétrie générale du bâtiment, sa hauteur et son implantation relevant du permis initial. Autrement dit, le voisin cherchait à <strong>contester un permis modificatif</strong> pour remettre indirectement en cause un projet antérieur, déjà purgé des délais de recours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette pratique est fréquente. Elle crée une incertitude juridique pour les maîtres d’ouvrage, notamment lorsque le voisin instrumentalise la procédure dans un objectif de blocage.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-problematique-juridique-rencontree"><strong>Problématique juridique rencontrée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question était simple : le tiers pouvait-il <strong>contester un permis modificatif</strong> en remettant en cause le gabarit du bâtiment, alors que ce gabarit n’avait subi aucune modification ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est négative. Le Conseil d’État a rappelé que le contentieux d’un permis modificatif se limite à <strong>la seule portée des modifications introduites</strong>, et ne permet pas de rouvrir indirectement le débat sur l’autorisation initiale devenue définitive (CE, 17 février 2023, n°454284).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre situation, la modification portait exclusivement sur des éléments marginaux et non sur l’aspect extérieur du bâtiment, sa hauteur ou son volume. Aucune variation d’altimétrie, d’emprise ou d’implantation n’était intervenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt à agir du voisin devait donc être apprécié au regard de cette seule modification. Ainsi, les moyens dirigés contre la volumétrie générale du projet devaient être écartés comme inopérants.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-notre-strategie-et-fondement-juridique"><strong>Notre stratégie et fondement juridique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons décidé d’adresser une réponse détaillée à la commune chargée d’instruire le recours gracieux, en exposant :</p>



<p class="wp-block-paragraph">– que l’autorité administrative n’a pas à apprécier des griefs étrangers à la légalité du modificatif,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– que le voisin ne pouvait invoquer ni l’implantation ni le gabarit de l’immeuble, dès lors que ces éléments relevaient du permis initial purgé des délais de recours,</p>



<p class="wp-block-paragraph">– que seule l’examen des modifications introduites par le modificatif était pertinent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le raisonnement du Conseil d’État est, en réalité, très pragmatique : permettre à un tiers de contester indirectement un permis initial au moyen d’un modificatif reviendrait à contourner les délais légaux et à rendre instable toute opération immobilière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons donc invité la commune à rejeter formellement le recours gracieux, afin de faire courir les délais contentieux et de sécuriser définitivement le projet.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-a-retenir"><strong>À retenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">– Contester un permis modificatif ne permet pas de remettre en cause un permis initial devenu définitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Seules les modifications autorisées peuvent être attaquées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Une réponse structurée permet de sécuriser le projet et de limiter les risques contentieux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2696.png" alt="⚖" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Cet article propose une analyse juridique générale. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation particulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f449.png" alt="👉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Si votre situation diffère, vous pouvez <a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/2f260adc12384ac1951e48118d2be0c3%40delcade.fr/meetingtype/sBHm63YP7kSFeZOoinIxpQ2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled">réserver un rendez-vous directement en suivant ce lien.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une première consultation de 15–20 minutes est offerte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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